La bataille de Castillon fut la dernière de la guerre de cent ans. A l'époque précédent la bataille de Castillon, de nombreux duchés ont leur indépendance, c'est le cas de la Bretagne par exemple. Les nations n'existent pas. On ne dépend pas d'un pays mais d'un seigneur qui lui-même dépend souvent d'un autre seigneur ou d'un roi. Les seigneurs agrandissent leurs domaines par la guerre, les assassinats, les intrigues ou de manière beaucoup plus pacifique en se mariant ou en achetant des domaines.
La guerre de cent ans est une expression qui frappe les esprits, c'est un chiffre rond. La guerre de cent ans est en fait une invention des historiens du dix-neuvième siècle. Certains historiens parlent de deux guerres de cent ans. Une de 1159 à 1299 et une autre de 1337 à 1453.
La fin de l'indépendance de l'Aquitaine commence par la venue, en 1451, des troupes de Charles VII commandées par Dunois. Pour bien comprendre ce qui a conduit à la bataille de Castillon j'ai cherché à connaître ces deux hommes. Comme j'ai habité quelques années à Châteaudun, le fief de Dunois, j'ai acheté au début des années 1980 un livre de l'abbé Jean Baptiste Bordas intitulé : Histoire sommaire du Dunois, de ses comtes et de sa capitale. Cet ouvrage est une réédition faite en 1979, en trois cents exemplaires, de l'édition de 1884. L'abbé Bordas a écrit ce livre vers les années 1760 à partir de documents anciens. Il a eu le soucis de vérifier ses sources et son histoire n'est pas si sommaire que cela puisqu'elle est riche en détails.
L'abbé Bordas est natif de la ville de Châteaudun, la capitale du Dunois féodale. Il était donc beaucoup plus proche dans le temps et dans l'espace que les historiens qui lui ont succédé. L'ouvrage de cet abbé nous éclaire non seulement sur la vie du Dunois mais aussi sur celle de Jeanne d'Arc.
Mais savoir qui était le Dunois pour bien comprendre cette époque n'est pas suffisant. Il faut aussi s'interroger pour savoir quel était le royaume de Charles VII? Qui était ce roi français dont les troupes sortirent victorieuses de la bataille de Castillon? Pour répondre à ces questions j'ai fait remonter mes recherches jusqu'à la fin du quatorzième siècle.
Dans le monde de jungle qu'est à cette époque l'Europe féodale, tant qu'un seigneur ou un roi a la force de se faire respecter; il ne sera pas inquiété. Mais malheur au faible, son domaine attirera les convoitises. Pour comprendre la guerre que vont se livrer les Anglais et les Français il faut comprendre la mentalité féodale. La guerre de cent ans ce n'est pas les français résistant à l'envahisseur Allemand durant la guerre de 1940-1945. La France n'existe pas, pas plus que le Royaume Uni. A cette époque le patriotisme personne ne sait ce que c'est.
En 1396 une trêve est signée pour vingt huit ans. Richard II, le roi d'Angleterre est fiancée à Isabelle de France, une fille du roi de France Charles VI. Cette paix n'est pas acceptée par certains anglais. En 1399 le roi d'Angleterre Richard II est détrôné. Il est remplacé par Henri IV de Lancastre.
Cependant les anglais n'attaqueront pas les français avant quelques années. A la fin du quatorzième siècle ils ont subi d'importants revers. Ils ont perdu une grande partie de leurs domaines en France. En 1380, à la mort de Charles V les Anglais n'ont plus que cinq grandes villes françaises: Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux et Bayonne. Au début de son règne Charles VI a fait plus que contenir les offensives anglaises. En 1396 il y eut une tentative pour débarquer des troupes françaises en Angleterre mais l'expédition échoua.
Le nouveau roi d'Angleterre veut reconquérir la France mais il n'en a pas les moyens. Il va donc consacrer ses efforts à renforcer son armée et à donner à son fils la volonté de conquérir la France.
Charles VII naît en 1403, c'est une période de paix à Paris. Il est le cinquième garçon du roi de France Charles VI mais tous ses autres frères meurent jeunes. Son parrain est Charles d'Albret. Il est issu d'une famille originaire de Labrit, ville du département des Landes. Il combattra en 1403 les anglais jusqu'aux portes de Bordeaux.
La santé psychique du roi de France, le père de Charles VII, est fragile. Le 4 août 1392 Charles VI est atteint de folie. A Paigné le Polin, près du Mans, il tue quatre cavaliers de sa suite. Sa maladie est contenue dans ses gènes. Il transmettra, cette tare à au moins un de ces petits-fils. Cela servira Charles VII, car ce petit-fils taré de Charles VI sera roi d'Angleterre. Même si durant le restant de sa vie Charles VI a de nombreuses périodes de lucidité, le royaume de France ne peut pas être gouverné par un tel homme. Il lui faut une aide.
Depuis le 28 janvier 1393 Louis d'Orléans, frère de Charles VI assure la Régence. Le duc de Bourgogne Philippe le Hardi est chargé des affaires politiques.
Philippe le Hardi meurt en 1404. Jean Sans Peur, son fils aîné devient duc de la puissante Bourgogne. Entre le duc de Bourgogne et Louis d'Orléans il y a une grande rivalité. Comme son père Jean Sans Peur, il veut plus de pouvoir au sein du royaume de France.
Le nouveau duc de Bourgogne est tout comme Louis D'Orléans et Charles VI un petit-fils de Jean II le bon. Ce dernier fut roi de France de 1350 à 1364. Le duc de Bourgogne est puissant. Il a d'importants domaines. S'il n'y avait pas Louis d'Orléans, compte tenu de sa parenté avec le roi, il pourrait diriger le royaume de France.
Louis d'Orléans est un coureur de jupons. Parmi ses conquêtes il y a la femme de son frère, la reine de France, la mère de Charles VII. Il y a aussi la mère de Dunois. Louis d'Orléans est le père de Dunois. Dunois est né en 1403, la même année que son cousin germain, le futur roi de France Charles VII.
Les liens entre Charles VII et Dunois peuvent être encore plus étroits. Ils peuvent être tous les deux des bâtards de Louis d'Orléans.
Louis d'Orléans aime avoir des maîtresses. La reine de France Isabeau de Bavière a pour cousine Jacqueline de Bavière. Cette dernière devient elle aussi une maîtresse de Louis d'Orléans. Cependant elle est mariée au duc de Bourgogne. Ce dernier n'apprécie pas du tout la situation.
A cause de ses conquêtes féminines Louis d'Orléans s'est fait d'autres ennemis. Parmi ceux-ci il y a Raoul Dauteville un gentilhomme normand.
Le duc de Bourgogne veut venger son honneur. Il fournit à Raoul Dauteville des hommes afin d'assassiner son rival. Cela est fait le 23 novembre 1407 à Paris.
Mais l'enjeu de cet assassinat n'échappe pas à Valentine Visconti, la veuve de Louis d'Orléans. Si elle laisse faire elle comprend bien que l'avenir de ses enfants est menacé. Elle sait très bien qu'entre les ducs de Bourgogne et les ducs d'Orléans le contentieux est plus important que l'honneur marital bafoué. Il s'agit du contrôle du royaume de France.
Parmi les fils du roi jean II le Bon il y eut le futur roi de France Charles V et son frère Philippe le Hardi, le premier Duc de Bourgogne qui combattit aux côtés des anglais. A son comté de Bourgogne il ajouta celui de Flandres, d'Artois, de Rethel, de Nevers. A la mort de Charles V il assura la régence de la France durant la minorité de Charles VI dans l'intérêt de ses domaines bourguignons.
La veuve n'est pas dupe tout comme son entourage. Elle réclame justice au roi. Mais le roi se révèle incapable d'imposer une solution. Il faut, pour la veuve, défendre l'avenir de ses enfants. Elle crie vengeance. De son mari elle a eu trois fils: Charles le nouveau duc d'Orléans, Philippe comte de Vertus, Jean Comte d'Angoulême. Elle prend aussi sous sa protection, le fils naturel de son mari, Jean d'Orléans le futur Dunois.
Si le roi ne peut pas imposer de justice et bien l'on va se donner les moyens de faire justice. Le beau-père du duc Charles d'Orléans est comte d'Armagnac. Ce comté couvrait la majeure parti du département actuel du Gers. Ses troupes vont être le principal soutien de la maison d'Orléans. Le duc de Bourgogne craint la vengeance. Il a préparé sa défense. Il a lui aussi des troupes.
C'est ainsi qu'en 1411 débute la guerre entre les Armagnacs et les Bourguignons.
En 1412, pour pouvoir faire face aux frais de cette guerre le duc d'Orléans emprunte aux Anglais. Pour gage de remboursement, son frère Jean Comte d'Angoulême est retenu en otage en Angleterre.
Avec l'argent du Duc d'Orléans les Armagnacs partent à la conquête de Paris. Ils prennent les villages qui environnent cette ville. Jean Sans Peur, le Duc de Bourgogne, demande des troupes aux Anglais pour marcher sur Paris. Cela lui est accordé. Le duc de Bourgogne dont les troupes sont supérieures à celles des Armagnacs marchent sur Paris. Les parisiens l'accueillent avec enthousiasme le 23 octobre 1412. Les Armagnacs ont triste réputation on dit qu'ils tuent et rançonnent. Cependant les Bourguignons finissent vite par déplaire à la population qui de plus en plus nombreuse descend dans la rue. Les bourgeois ont peur et font appel aux Armagnacs. Le duc de Bourgogne doit faire place au duc d'Armagnac. Le duc d'Orléans est appelé à gouverner la France.
Pendant que les Bourguignons et les Armagnacs se disputent les rennes du royaume de France, une troisième force convoite ce royaume. En mars 1413 le roi d'Angleterre, Henri IV, meurt. Henri V, son successeur a vingt cinq ans. Il est ambitieux. Régner à la fois sur l'Angleterre et sur la France est une idée qui lui plaît. S'il avait un fils de Catherine la fille du roi de France Charles VI, il pourrait réclamer si ce n'est la totalité, au moins une partie du royaume de France. Il demande donc cette princesse au roi de France. Ce sera en vain. S'il la veut il faudra qu'il aille la chercher. Il n'attendra pas longtemps.
Dès la fin de 1413 des troupes anglaises débarquent en Normandie. En Aquitaine où les conflits n'ont jamais vraiment cessés les Anglais attaquent les possessions du royaume de France.
D'autres seigneurs entrent dans la guerre. Le 6 décembre 1413, des nobles gascons, dont le comte de Foix, prêtent serment au château de Mazères, ils s'engagent à aider le comte d'Armagnac dans son combat contre les Bourguignons alliés aux anglais.
En 1414 Henri V, roi d'Angleterre revendique la couronne de France. Il n'a aucune légitimité héréditaire sur celle-ci mais compte tenu de ses possessions en France, de la folie du roi de France et de la guerre civile qui règne entre les Bourguignons et le camps des Armagnacs, il pense pouvoir imposer sa loi.
En 1415 les Français commandés par le connétable d'Albret barrent à Azincourt la route aux troupes de Henri V. Les Français sont très nombreux, sans doute dix mille, bien plus nombreux que les Anglais. Les Armagnacs et les Bourguignons ont interrompu leurs querelles pour combattre le roi d'Angleterre. Les Anglais se retranchent derrière une barricade de pieux. Cependant les français ont commis une grossière erreur. Ils sont massés sur un plateau étroit, encadré de bois.
La meilleure défense étant l'attaque les Anglais chargent les troupes françaises qui se défendent en armure, mais à pied, dans un terrain boueux. Ils se fond massacrer à l'exception de mille cinq cents prisonniers.
Parmi les morts le connétable d'Albret et deux frères de Jean sans Peur.
Parmi les prisonniers Charles d'Orléans et Arthur de Bretagne, comte de Richemont. Pour la libération de chaque prisonnier il sera exigé une rançon variable selon la richesse des familles. Certaines familles mettent plus de temps que d'autres à réunir les sommes demandées. Certains prisonniers mourront en détention. Arthur de Bretagne sera libéré en 1420 tandis que Charles d'Orléans ne reviendra qu'en 1440.
La défaite d'Azincourt ne met pas fin aux rivalités entre les Armagnacs et les Bourguignons bien au contraire. Bernard d'Armagnac le beau-père du Duc d'Orléans emprisonné, prend les affaires du royaume de France en mains. Ce n'est pas un diplomate mais plutôt un homme dur. Charles VII n'a que douze ans mais il sera favorable aux actions des Armagnacs. Le duc de Bourgogne, écarté du pouvoir, s'allie de nouveau aux anglais.
Le 5 avril 1417 Bernard d'Armagnac fait exécuter Louis de Boidsredon, un des amants de la reine. L'infidélité de la reine est notoire. Elle saura s'en servir contre son fils. La reine est chassée. Elle rejoint le Duc de Bourgogne.
Le premier juin 1418 les Bourguignons grâce au traître Isle-Adam entrent dans Paris et massacrent les Armagnacs. Ils tuent Bernard VII d'Armagnac, leur chef. Ils permettent ainsi à leurs alliés Anglais de prendre le contrôle de Paris. Comme ce malheur ne suffit pas le choléra fait son apparition. Il y aura plus de quatre vingt mille morts.
Charles VII échappera au massacre grâce à Tanguy du Châtel et quelques hommes. Le futur Charles VII porte alors le titre de duc de Tourraine. Naturellement il se réfugie dans ce duché.
Le 14 juillet 1418 la reine Isabeau de Bavière revient avec le duc de Bourgogne à Paris. La reine et le roi fou, Charles VI somment Charles VII de les rejoindre. Ce dernier n'en fera rien, au contraire, le 31 décembre il prend le titre de régent du royaume de France. Il devient le chef du camps des Armagnacs. Ceux-ci reconstituent des bandes autour de Paris. La guerre entre les Armagnacs et les Bourguignons n'est pas fini. Elle profite aux Anglais. N'y aurait-il pas une paix possible entre ces deux camps français? Le 10 septembre 1419 une entrevue est prévue entre Charles VII et Jean Sans Peur au pont de Montereau. Les deux hommes s'y rendent mais Jean Sans Peur y est tué. La paix entre les deux clans n'est pas pour maintenant. Mais l'assassin de Louis d'Orléans vient d'être tué.
Les Bourguignons commettent une erreur. Ils remplacent les hauts fonctionnaires par des gens qui leur sont favorables. Ces hauts fonctionnaires s'en vont rejoindre Charles VII. Ils sauront bien le conseiller. Certains diront en parlant de Charles VII, le bien servi.
En 1420, par le traité de Troyes le mariage du roi d'Angleterre avec Catherine de France la fille du roi de France est accepté. Le duc de Bedfort, un Anglais, assure la régence et gouverne le royaume de France. Les lois et coutumes restent celles de France. Seuls les chefs sont Anglais.
D'après les écrits de l'abbé Bordas, le comte de Vertu, demi-frère du Dunois meurt en 1420. Le Dunois, alors âgé de 17 ans décide de quitter la carrière ecclésiastique à laquelle il se destinait pour se battre contre les Anglais. Il est le seul des quatre frères à pouvoir le faire. Un vient de mourir, les deux autres sont retenus par les Anglais. Cette année là la couronne de France n'est pas mieux lotie. Les Anglais ont conquis une grande partie de la France. Par traité de Troyes Charles VII et Isabeau de Bavière sa femme reconnaissent Henri V, roi d'Angleterre comme leur fils et héritier de la couronne de France. Selon ce traité les deux couronnes sont réunies à perpétuité. Le dauphin Charles est déclaré banni du royaume.
De plus la reine laisse entendre que le père de son fils Charles VII n'est pas Charles VI. Ceci signifie que Charles VII est un bâtard qui ne peut prétendre légitimement à la couronne de France.
Le Dunois va rejoindre son cousin, le futur Charles VII, qui a le même âge que lui. Des écossais dirigés par Jean Stuart se mettent également au service du dauphin. Ce chef que Dunois accompagnera dans certaines batailles, reprend, à partir de juin 1420, Dreux, Epernom, Beaugency.
En 1421 les troupes de Charles VII se battent en Eure et Loir et obtiennent certains succès. Elles reprennent Bonneval et Montmiral. Elles entreprennent le siège de Chartres. Les assiégeants sont repoussés par les troupes anglaises et celles des Bourguignons.
Le roi de France Charles VI meurt en 1422. Les troupes du futur Charles VII grignotent les conquêtes anglaises, mais rien n'est acquis définitivement. En 1423 à Cravant sur Yonne les Anglais écrasent les écossais alliés à Charles VII, 3000 morts. Bien souvent les armées, vivent sur l'habitant. Le pillage est un moyen pour certains seigneurs de s'enrichir. Pour eux la guerre est une période bénie mais pour le peuple c'est un véritable cauchemar. Charles VII comprend qu'en changeant les usages, en respectant le peuple, il sera soutenu par lui.
En 1427 le comte de Richemont qui apporte des troupes du duché de Bretagne veut que Charles VII lui accorde une place plus importante. Il intrigue avec ses amis mais il n'obtient pas gain de cause et se fâche avec Charles VII. La même année Dunois est nommé lieutenant général des armées du roi. Il délivre Montargis. Il obtient entre autres pour ces habitants deux foires franches supplémentaires. Pour gagner la guerre il ne faut pas que de la force mais aussi de l'intelligence. Il faut se faire apprécier par la population.
En 1428 le roi d'Angleterre renforce ses troupes. Plus nombreux les Anglais, avec leurs alliés s'avancent en Beauce. Le 12 octobre 1428 ils commencent le siège d'Orléans.
Le comte de Dunois accompagné de plusieurs seigneurs et de douze cents hommes seulement entre dans Orléans. Il maintient, malgré le siège, les communications avec l'extérieur.
Les assiégés apprennent qu'un important convoi de ravitaillement des assiégeants, consistant principalement en harengs va arriver le 12 février 1429 . Le comte de Dunois avec mille cinq cents hommes réussi à sortir de la ville pour aller attaquer ce convoi. Il est rejoint par des troupes qui viennent de Blois. Elles sont conduites par le Comte de Clermont. Les deux chefs discutent longtemps sur la méthode à adopter. Ils ne sont pas d'accord sur la stratégie à adopter. Finalement ils attaquent le convoi à Rouvray Saint Denis. Celui-ci est défendu par deux mille cinq cents hommes. L'attaque échoue. Le comte de Dunois rentre dans Orléans avec neuf cents hommes seulement.
Cet échec retentit sur le moral des Orléanais et sur celui de Charles VII. Le monarque est désespéré et il propose dans un conseil non seulement d'abandonner Orléans mais aussi le Berry et la Tourraine.
Dunois fait de vives remontrances à son cousin le roi. Le comte de Dunois ne peut plus espérer de renfort. Pourtant pour lever le siège il doit inverser le rapport de forces. Pour cela il utilise deux stratagèmes. Pour réussir il peut essayer de réduire le nombre des ennemis. Le siège est tenu par des troupes anglaises et leurs alliés dont le duc de Bourgogne. Le premier stratagème consiste à briser cette alliance.
Il écarte son ressentiment envers le duc de Bourgogne. Il lui envoie des bourgeois parmi les plus réputés. Ceux-ci indiquent que les anglais ne respectent pas ni les conventions et ni le conseil d'Angleterre qui s'était engagé envers le duc Charles d'Orléans à ne pas attaquer ses terres. Ils lui demandent de se déclarer contre une telle injustice. Pour mieux le convaincre ils lui proposent de remettre entre ses mains toutes les villes du duché d'Orléans, jusqu'à la délivrance de leur duc à condition qu'il s'engage à garder sa neutralité dans les affaires présentes.
Le duc de Bourgogne va à Paris accompagné de ces bourgeois. Le représentant du pouvoir anglais, le duc de Bedfort les reçoit. Il les entend. Il leur répond: <<Qu'il serait bien courroucé d'avoir battu les buissons et que d'autres eussent les oisillons.>>
Le duc de Bourgogne choqué par la réponse donne l'ordre à ses troupes de quitter le siège d'Orléans. La noblesse de Picardie et de Champagne en fait autant. Les assiégés sont soulagés mais pour peu de temps car de nouvelles troupes anglaises arrivent.
Il faut pour le Dunois renforcer le nombre de ses défenseurs. Le gouverneur de Châteaudun, Florent d'Illiers, qui a déjà contribué à soutenir les assiégés arrive à la tête de quatre cents lances. Il entre dans la ville vers la fin mars 1429. D'autres petits renforts arrivent. Tous ces renforts sont suffisants pour défendre la ville mais pas pour passer à l'offensive.
Il faut donc trouver un moyen pour décider les seigneurs français à apporter une contribution plus importante à leur roi. Une victoire aurait pu galvaniser les seigneurs qui restent chez eux. Mais elle n'est pas possible sans de nouvelles forces.
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