Les conséquences de la bataille de CastillonIci, en Aquitaine, les plus grands ennemis de Charles VII ce ne sont pas les Anglais mais les habitants de la région. La répression de la révolte y fera de nombreux morts. Après la bataille de Castillon, la place forte de Cadillac tombera. Les Anglais qui s'y trouvaient seront bien traités mais Gaillardet le chef gascon sera décapité. Pour éviter la colère des troupes de Charles VII il vaut mieux ne pas résister. Il vaut mieux ne pas avoir été parmi les premiers à se révolter. Les troupes anglaises sont arrivés par le Médoc libéré de l'occupant français par les habitants. Pour l'exemple et sans doute parce que la résistance y fut forte, parce qu'aussi c'était le fief du Sire Lesparre l'un des chefs de la rébellion, le Médoc fut saccagé par Robin Petit Loup. Ce dernier était à la tête de mille écossais. |
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Les seigneurs gascons sont vaincus mais pas écrasés. Ils disposent encore de troupes nombreuses. Elles sont pour la plupart retranchées dans la ville de Bordeaux assiégée. Chaque camps a eu des pertes. Le roi français souhaite la mort des vingt principaux meneurs. La population bordelaise n'est pas décidée à les livrer pour obtenir la levée du siège. La prise de Bordeaux par la force entraînerait des pertes importantes dans les armées de Charles VII. Cependant les Bordelais savent bien qu'ils ne pourront pas résister longtemps. L'artillerie française est capable de détruire les épaisses murailles de la ville. Par les brèches les nombreuses troupes de Charles VII finiront par pénétrer. La chute de Bordeaux viendra, autant négocier pour limiter les pertes. Mais le roi de France a t-il intérêt à négocier? Bien sûr, s'il perdait trop d'hommes son armée serait affaiblie et il ne pourrait pas faire face à d'éventuels ennemis. Mais la supériorité technique et numérique des armées de Charles VII est trop importante pour que l'issue de la bataille soit incertaine. Les Bordelais sont en mauvaise position pour négocier et la ville de Bordeaux perdra tous ses avantages et devra payer une lourde amende. De plus comme Charles VII ne se fait aucune illusion sur l'hostilité de la population envers l'envahisseur français; il impose la construction de deux forteresses. La ville sera gardée par deux forts: le fort du Hâ et le Château Trompette. La charge financière et l'entretien des troupes qui surveilleront les Bordelais seront à la charge de la ville. Le rapport de force est tel qu'en négociant les Bordelais ne peuvent sauver que leur vie. Charles VII aurait aimé faire exécuter les vingt meneurs de la révolte. Son armée est nombreuse et bien entraînée. Elle possède une puissante artillerie mais les vingt meneurs ont le soutien de la population. Il sait très bien que ses troupes ne sont pas ici les bienvenues. Elles ne sont pas venues libérer Bordeaux du joug anglais mais pour intégrer cette ville dans le royaume de France. Une immense majorité de Bordelais ne souhaite pas le départ des anglais, de si bons clients. Si l'Aquitaine a joué au cours des siècles sur les rivalités des royaumes de France et d'Angleterre c'était pour obtenir le maximum de privilèges. Charles VII comprend que cette population lui est hostile. Ce n'est pas seulement les nobles qui refusent les lois du royaume de France et surtout ses impôts mais l'immense majorité des Bordelais. A la moindre occasion la population risque de se soulever. Il ne faut pas la laisser sans surveillance et ne pas non plus l'humilier pour augmenter le rejet de la tutelle du royaume de France. Les vingt meneurs auront finalement la vie sauve mais ils devront s'exiler. Ils partiront en Angleterre. Le roi accorde, le 9 octobre son pardon à Bordeaux qui devra payer cent mille écus d'amende et perd tous ces privilèges. Le 19 octobre Bordeaux ouvre ses portes aux troupes françaises. L'amertume est très grande parmi la population. En quelques mois une partie des habitants s'en va. Dans le Libournais la guerre a fortement marqué la population. Les morts et l'exode ont fait chuté le nombre de ses habitants. Parce que Libourne a beaucoup souffert et que la place n'a pas trop résisté aux troupes de Charles VII cette ville conservera ses privilèges. A Saint-Émilion le nombre de foyers a été réduit de plus de dix fois. Il est passé de deux ou trois milles à deux cents. Le Libournais a eu le triste privilège d'être une ligne de front. Pour stopper l'hémorragie humaine de la région. Charles VII réagi. Dès 1454 il rétablit certains privilèges et réduit l'amende de la ville de Bordeaux. Pour repeupler la région il promet des avantages aux immigrants venus en grande partie du pays d'oïl c'est à dire du nord du Libournais. Avec la fin de la guerre de cent ans certains secteurs verront leur population complètement changer. Il en fut ainsi du secteur de Guîtres dans le Libournais. Cet afflux de population contribuera à maintenir la région dans le royaume de France. De plus Louis XI qui depuis longtemps s'opposait à son père Charles VII, permettra aux nobles exilés de revenir. Pour assurer le rattachement de la région à la couronne de France il y passera, au début de son règne, quelques mois. Il rétablira aussi la totalité des privilèges de la ville de Bordeaux. Avec la fin de la guerre de cent ans Bordeaux verra se construire les deux places fortes voulues par Charles VII: le fort du Hâ et le Château Trompette. Pour les siècles à venir l'esprit d'indépendance des Bordelais sera surveillé. Cela ne fera pas pour autant de Bordeaux une ville toujours calme. La ville n'aime pas voir ses impôts augmenter. Lorsque Louis XIV le fera en mars 1675 il devra faire face à une révolte. Il devra d'abord reculer avant de faire envahir la ville par six ou sept mille hommes. De nouveaux travaux sont entrepris aux frais des Bordelais. Toutes les maisons situées à environ cent vingt mètres autour du château Trompette seront détruites. Le château Trompette était une véritable ville. Lorsque le 26 août 1787, Young passe dans la ville il verra le début de la démolition de cette forteresse. Elle a été achetée par une société de spéculateurs. Young verra les plans. Il sera émerveillé par ce qu'il est possible de faire. Des rues neuves peuvent voir le jour et dix-huit cents maisons pourraient y être construites. Charles VII n'avait pas fait que conquérir l'Aquitaine. Il avait aussi tout fait pour qu'elle reste dans le royaume de France. La fin de l'Aquitaine anglaise c'est aussi la fin d'une époque. La fin de la féodalité. La fin du moyen âge. La fin de la grande liberté de nombreux seigneurs. Le début d'un Etat puissant, le début d'une nation. |
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