La bataille de Coutras:
vers le champ de bataille

Au cours de cet été 1587 la guerre civile règne en France. Henri III, le roi de France veut la paix. Par édit de pacification du 14 mai 1576 il a accordé aux protestants des avantages réels et supérieurs à tout ce qu'ils avaient eu jusqu'à maintenant. Grâce à cet édit les protestants ont la permission de bâtir des temples en tous lieux.

Depuis de longues années les catholiques et les protestants s'affrontent. Les haines, attisées par les ambitions de tel ou tel noble ne sont pas prêtes de s'éteindre. Les Guises se sont proclamés chefs du parti catholique. Ils n'ont pas apprécié l'édit du 14 mai 1576. Ils ont réuni les états généraux à Blois le 15 novembre 1576. Les concessions faites aux protestants sont révoqués. Une guerre à mort contre les protestants est alors décidée et les Guises ont formé une association connue sous le nom de Ligue. Le roi Henri III a du accepter la décision de ces états généraux. Il n'est pas d'accord mais le rapport de force ne lui est pas favorable. Il cherche à s'imposer mais son parti demeure toujours plus faible que celui des Guises et que celui des protestants. La guerre civile n'est pas que religieuse elle est aussi une lutte de pouvoir. Il n'y a pas deux camps qui s'affrontent mais trois.

Après quelques troubles une paix a été conclue à Bergerac en septembre 1577. Mais cette paix est illusoire. (voir La prise de Saint-Emilion par les protestants en 1578).

Pendant qu'en quelques lieux catholiques et protestants se respectent dans d'autres ils se combattent. Le roi de France Henri III veut une vraie paix. Elle est conclue en 1580.

En 1584 le frère du roi, le Duc d'Alençon meurt. En cas de mort d'Henri III le successeur légitime du royaume de France devient Henri de Navarre, le chef des protestants. Le Duc de Guise s'inquiète et fortifie la Ligue. Le pape Sixte-Quint et le roi d'Espagne s'engagent à le soutenir.

Henri III est obligé de fournir une armée à la Ligue pour aller combattre Henri de Navarre en Guienne. En agissant ainsi la ligue réussit à réunir quinze mille hommes qui seront commandés par le Duc de Mayenne.

Henri de Navarre mobilise les protestants. Comme une partie de l'armée de la Ligue est fournie par Henri III et que ce dernier ne souhaite pas son succès des divergences apparaissent rapidement entre les chefs de cette armée.

Beaucoup d'opérations du Duc de Mayenne sont sans succès. Il réussit à s'emparer de Castillon après être resté deux mois à faire le siège de cette place et avoir dépensé 800 000 écus. Cependant cette réussite n'est pas une grande victoire. Les gentilshommes de Castillon sortent avec leur armes et leurs chevaux. Ce n'est pas la pression guerrière qui les oblige à sortir mais une maladie contagieuse qui fait des ravages dans la cité.

En octobre 1586 le Duc de Mayenne doit se retirer de Guyenne. Il n'a plus d'argent, les chefs de son armées ne s'accordent pas et les troupes ont subi des pertes. Sa réputation est ternie tandis que celle du roi de Navarre a augmenté.

Henri de Navarre, le chef des protestants, reprend l'offensive. Au cours de l'été 1587 il a pour projet de réunir ces troupes à celles des allemands entrés en France, puis de marcher sur Paris pour imposer sa loi au roi des France. Mais alors qu'il s'avance vers la Loire il apprend que le Duc de Joyeuse qui a succédé au Duc de Mayenne a réuni une nombreuse armée. Lorsque le 10 octobre 1587 le Duc de Guise et ses troupes quittent Poitiers en direction de l'Aquitaine, Henri de Navarre, informé, décide de quitter La Rochelle pour revenir en Guienne.

Pour voir le parcours des deux armées cliquez ici. (Carte présente sur le site réalisé par le groupe de recherches archéologiques et historiques de Coutras)

Le 18 octobre le Duc de Joyeuse et ses troupes arrivent à Saint Aigulin (Charente maritime). Il pense rattraper Henri de Navarre mais celui-ci se dérobe vers sept heures du soir.

Le maréchal de Matignon, un fidèle d'Henri III, commandant les forces de la région de Bordeaux fait informer le Duc de Joyeuse qu'il sera à Libourne, le 22 avec des forces considérables et lui recommande d'accélérer sa marche afin d'arriver à Coutras avant les troupes protestantes.

Mais les troupes du Duc de Joyeuse doivent se reposer. Elles s'installent à la Roche Chalais. Le 19 octobre 1587 le Duc de Joyeuse charge Lavardin d'aller occuper Coutras. Il y part vers quinze heures avec 120 chevaux légers et 100 arquebusiers. Mais il aperçoit aux Peintures la cavalerie de La Trémouille, un chef protestant. (Les peintures font aujourd'hui partie de la commune de Coutras). De plus il apprend que l'armée protestante est déjà à Coutras.

L'armée protestante est composée d'environ 4 500 fantassins et de 1 400 cavaliers. L'effectif du détachement de Lavardin est ridicule face à cette armée. Il n'est donc pas question de livrer bataille. Il revient vers le Duc de Joyeuse pour le prévenir de la situation. Un conseil de guerre se tient et les catholiques pensent qu'ils vont écraser les protestants. Il est décidé qu'il n'y aura pas de quartier. Inutile d'attendre les troupes du Maréchal de Matignon qui auraient pu prendre l'armée protestante à revers. Avec dix mille hommes l'armée du Duc de Guise compte presque deux fois plus de soldats que n'en compte les troupes protestantes. Le Duc de Guise en est sûr, la victoire lui appartient. Il n'a pas besoin de la partager avec le maréchal de Matignon. Ses troupes se mettront en marche le soir même.

La Trémouille a vu les troupes de Lavardin et il a prévenu Henri de Navarre . Ce dernier sait que le Maréchal de Matignon risque arriver avec des troupes. De plus les troupes de Joyeuse sont plus nombreuses que les siennes. S'il ne veut pas subir une défaite il lui faut partir. Pour cela il faut qu'il fasse traverser la rivière Isle à ses troupes. Il se dirige vers un lieu proche de Laubardemont (Lieu-dit à proximité de Coutras) mais l'opération est à peine commencée, quelques hommes seulement sont sur l'autre bord, que des éclaireurs reviennent avec des prisonniers. Ces derniers annoncent que le Duc de Joyeuse est déterminé à tout entreprendre pour forcer Henri de Navarre au combat. Dès minuit l'armée du Duc de Joyeuse se mettra en marche. Il est déjà neuf heures du soir. Toute l'armée protestante n'aura pas le temps de traverser l'Isle avant l'arrivée des troupes catholiques. Le roi de Navarre décide donc de retourner vers Coutras pour préparer ses troupes à la bataille.

Les bagages sont placés entre le château (aujourd'hui disparu) et l' église. Il est élevé des barricades sur la rive gauche de la Dronne au gué de Coutras au cas où les catholiques aurait eu l'idée de venir par-là.

Le 19 octobre 1587, vers onze heures du soir l'armée catholique se met en marche. Dix sept kilomètres seulement séparent La Roche Chalais de Coutras. Mais entre ces deux cités il y a la forêt de la Double. Le terrain qui supporte ces arbres n'est pas plat. C'est l'endroit idéal pour se cacher, tendre des embuscades ou observer l'ennemi. De plus la marche a lieu de nuit. Si les catholiques ne connaissent pas le secteur ce n'est pas le cas des protestants. L'armée du Duc de Guise est obligée de s'étirer le long de la route. Et de chaque côtés de cette route des hommes doivent vérifier, avec prudence, que des protestants ne sont pas embusqués. De leurs côtés des troupes protestantes sont en reconnaissance. A minuit deux unités de reconnaissance l'une catholique, l'autre protestante se rencontrent aux Eglisottes. Quelques coups de feu sont échangés mais le but de ces deux unités n'est pas de livrer bataille. Très vite elles retournent vers leurs arrières. Vers deux heures du matin un chef de l'armée du roi de Navarre, La Trémouille, à la tête d'une forte colonne de cavalerie se heurte à la cavalerie légère ou l'avant garde du Duc de Joyeuse. Il doit se retirer en bon ordre mais sa position est difficile. Laboulaye alerté par les tirs arrive avec d'autres troupes protestantes et ils forcent l'ennemi à reculer avant de se retirer vers Coutras. A cinq heures du matin La Trémouille rend compte de son expédition à Henri de Navarre.

La bataille de Coutras (suite)

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