La bataille de Coutras:
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La Trémouille a été renversé par la charge des catholiques. Il est blessé mais il n'a pas été capturé car de chaque côté de son escadron de cavalerie il y a des fantassins. Les escadrons catholiques, en poursuivant le reste de l'escadron de La Trémouille, passent entre deux formations d'infanteries protestantes qui n'oublient pas de leur tirer dessus. C'est pour cette raison qu'ils ne s'attardent pas malgré leur nombre, à essayer, de capturer La Trémouille. Dans Coutras il reste une centaine d'arquebusiers qui ont pour mission de défendre le gué au cas où l'armée catholique aurait voulu prendre à revers les troupes d'Henri de Navarre. En apprenant qu'un escadron de cavalerie poursuivi par les protestants va arriver ils vont rapidement s'embusquer dans les rues. Ils laissent passer les cavaliers protestants et déchargent leurs armes presque à bout portant sur les ennemis. Mais tous ces événements, s'ils ont diminué le nombre de cavaliers catholiques, n'ont pas réussi à les faire fuir. Un nombre important arrive sur la place de l'église. Pour ces cavaliers c'est l'Eldorado. Les milliers de soldats protestants ont laissé là leurs bagages. Il n'y a plus qu'à se servir. Du haut de l'église quelques soldats protestants tirent sur les pillards. Les cavaliers protestants finissent par attaquer pour déloger les intrus. Les cavaliers catholiques Indisciplinés et dans un lieu hostile qu'ils ne connaissent pas finissent par partir dans diverses directions. En agissant ainsi ils n'ont pas détruit le reste de l'escadron de la Trémouille qui finalement, en fuyant, n'a subi que peu de pertes et repart au combat. En chemin ils rencontrent l'escadron de Turenne qui a reculé devant la charge de celui de Montigny mais résiste en bon ordre. Le rapport de force s'inverse donc. Dans le même temps l'aile gauche protestante qui se battait avec l'énergie du désespoir a finalement repoussé l'ennemi. Sur la droite le combat continue et les protestants commencent à se rendre compte que finalement la victoire va leur revenir. Ils commencent à crier <<Lamothe-Saint-Elloy ! Lamothe-Saint-Elloy ! souviens-toi de Lamothe-Saint-Elloy !>> Dans ce lieu un corps protestant avait été anéanti sans pouvoir obtenir quartier. Le Duc de Joyeuse voit sa cause perdue. Il ne reste que peu de monde autour de lui. Il essaye de rallier ses troupes pour livrer un nouveau combat. Au catholique Saint-Luc qui lui demande quelles sont ses intentions il répond <<Ne vivre plus, monsieur, et mourir généreusement après mon malheur>>. Et il se jette tête baissée dans la mêlée. Il tombe entre les mains des capitaines de Saint-Christophe et de Lavignole auxquels il offre une rançon pour avoir la vie sauve. Mais Bourdeaux et Dessantier arrivent et déchargent leurs pistolets dans sa tête. Durant son expédition d'Auvergne le Duc de Joyeuse avait exercé de grandes cruautés contre la famille de Dessantier. Saint-Luc s'inquiète pour sa vie. Il a notamment à craindre des représailles du Prince de Condé. La meilleure défense est l'attaque. Il le cherche. Il le voit combattre des fuyards. Il se précipite sur lui et le renverse de sa monture par un violent coup de lance dans sa cuirasse. Il descend aussitôt de son cheval mais au lieu de tuer son adversaire il lui présente le gantelet et lui dit <<Monseigneur, je me constitue votre prisonnier.>>. Le Prince de Condé, encore sous le choc, se relève. Il croyait sa dernière heure arrivée. Sous le coup de l'émotion il embrasse Saint-Luc et se met à rire. Il le félicite pour cette nouvelle manière de se rendre. La bataille se termine en une véritable boucherie. Henri de Navarre arrête ce massacre, parfois au risque de se faire tuer. Il crie à ses soldats : <<Plus de sang, mes amis; recevez les tous à merci; ils sont braves; ils sont français; il faut que le roi nous remercie de cette victoire.>> Finalement le maréchal de Matignon ne viendra pas avec les troupes bordelaises jusqu'à Coutras. Il s'arrêtera à Guîtres puis reviendra à Bordeaux en chassant les protestants des environs de Libourne. La bataille de Coutras est la première grande victoire d'Henri de Navarre (futur Henri IV). Après cette victoire Henri de Navarre fait relâcher presque tous les prisonniers sans rançon. Il offre même des présents aux principaux et il rend les drapeaux. La bataille aura duré deux heures seulement mais fait 6 700 morts environ: -catholiques 4200 hommes (3 000 hommes de pieds, 800 cavaliers, 400 gentilshommes) -protestants 2500 hommes (2000 soldats et 500 cavaliers) Mais au fait, après cette bataille, où est la ligne de démarcation entre les catholiques et les protestants ? Quels sont les positions des uns et des autres? Globalement Libourne et Saint-Emilion sont catholiques. Le reste du Libournais est plutôt protestant. Mais, d'une manière générale, les uns et les autres sont mélangés. Pour certaines familles la bataille de Coutras n'est en rien une victoire ou une défaite. C'est un massacre. C'est ainsi que l'on compte parmi les morts protestants Mellet de Neuvic et parmi les morts catholiques, Madelon...son frère. |
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