Les casernes de LibourneDurant la présence anglaise la population libournaise avait obligation de loger les soldats. Cette disposition fut reconduite lorsqu'en 1453 la région fut définitivement administrée par le royaume de France. Cela représentait une charge pour les habitants. De plus certains privilégiés étaient exemptés de cette obligation. Cela ne faisait qu'augmenter l'impopularité de cette coutume. |
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Pour délivrer les habitants de cette charge la ville de Libourne décide en 1718 de construire des casernes. L'ingénieur en chef pour le roi aux fortifications de Bordeaux est chargé, en 1720, de réaliser un projet de construstion à l'intérieur de la bastide. Il n'est resté aucune trace de ce projet. En 1721 c'est l'intendant Claude Boucher qui est chargé de faire un deuxième projet. Mais la ville est indécise. Le coût de l'opération est énorme. Le projet porte sur un quartier capable de loger deux mille hommes et trois cent vingt chevaux. Ce projet échoue en 1728. Comme entre 1728 et 1745 aucune garnison vient à Libourne personne ne relance ce projet. En 1745 les Libournais sont obligés d'héberger des troupes et le mécontentement gagne. La ville relance alors le projet de construction des casernes. En 1754 un architecte de Saint-Emilion Pierre Biot réalise un projret de construction intramuro aux abords de l'actuelle rue Gambetta. Pour financer cette opération la municipalité emprunte, en 1757, 120 000 livres grâce à l'intendant Tourny. Les travaux commencent à partir de juin 1759. Mais le choix de l'emplacement, les méthodes de construction ne sont pas bonnes. Le terrain est marécageux et pour pimenter le tout les écuries sont construites à 2,92 mètres en dessous du niveau de la rue. De plus les voûtes ne sont pas construites correctement. Avant même d'atteindre la construction du rez-de-chaussée les murs se lézardent. En 1760 il est décidé d'arréter définitivement cette construction. Le problème du logement des troupes demeure. La ville de Libourne n'a plus d'argent pour construire des casernes mais elle a un puissant voisin. Le Maréchal de Richelieu a du haut de sa propriété du tertre de Fronsac une magnifique vue sur Libourne. Il est gouverneur de la Guyenne et il avait désaprouvé la construction des casernes dans les murs de la ville de Libourne. Le financement de ce projet va être fait par le roi, la province de Guyenne et une imposition spéciale des régions de Périgueux, Condom et Bordeaux. (Le Maréchal de Richelieu est un petit neveu du cardinal de Richelieu.) En 1764-1765 les premiers projets d'ensemble sont réalisés. L'aile Est dite aile des soldats aurait reçu ses fondations en 1766 et aurait été terminée fin 1771 ou début 1772. Le pavillon des officiers est construit à partir de 1771 et terminé en 1777. Le toit était à l'origine couvert d'ardoise. Maintenant il est recouvert de tuile. L'aile Ouest abrite le manège construit en 1828. Les deux extrémités de l'aile n'auraient été construites qu'en 1877. L'harmonie d'ensemble a été respectée. la façade est identique à celle de l'aile des soldats. Le manège 48 mètres de long par 21 mètres de large soit 1008 mètres carrés. La corniche est à 7,60 mètres. La charpente est remarquable. Elle annonce la technique du lamellé-collé moderne. Les madriers ne sont pas ici assemblés par de la colle mais par des cerclages. L'accoustique de cette salle est exceptionnelle. Elle a été parfois utilisée pour des enregistrements et des concerts. Elle peut accueillir 680 personnes. Elle a également servi pour des réceptions. Ordinairement les militaires l'ont utilisée comme salle de sport. |
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