Le libre échange ultralibéral est-il le meilleur système?
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L'ultralibéralisme, le néolibéralisme... n'existent pas. Pour savoir ce qu'est le libéralisme voir "Corinne Lepage est-elle libérale? ou qu'est-ce que le libéralisme?". Le texte situé après ce paragraphe et le paragraphe suivant, est erroné. Je l'ai quand même conservé en l'état car j'ai pensé cela à un moment donné. L'analyse de mes erreurs de jugement m'ont permis de comprendre comment j'ai été manipulé. Dans cette page je parle d'actions étatiques menées par des hommes de droite ou de gauche et j'essais de montrer qu'elles sont les meilleures actions étatiques alors que l'Etat est le Père Noël des adultes voir : "Le maître, les fonctionnaires et les privés". J'ai été manipulé car j'ignorais l'existence d'écrits économiques comme ceux de Bastiat. Bien que cet auteur soit mondialement connu, bien qu'il ait vécu de 1801 à 1850, la plupart du temps dans les Landes, à 49 ans j'ignorais ses écrits. Pourtant je m'intéresse à l'économie depuis l'adolescence et je réside en Gironde un département limitrophe des Landes. J'ai lu, entre autres, tous les livres sur l'économie que j'ai trouvé à la médiathèque de Libourne mais ils n'y avaient pas ceux de Bastiat. Pourtant, en économie Bastiat fait partie des bases à connaître. Dans le futur, grâce à Internet, il ne devrait plus être possible de manipuler la population : voir à ce sujet "Ministère français de la propagande" Il est vrai qu'une firme en situation de monopole fera tout pour gagner le maximum d'argent. Plutôt que d'investir dans de nouvelles technologies qui pourraient augmenter la productivité; elle attendra que son outil de production soit totalement amorti. Elle n'aura pas intérêt à investir dans des recherches dont les aboutissements ne lui paraîtraient pas rentables. Mais s'il y a concurrence entre plusieurs entreprises chacune voudra dépasser sa rivale et fera tout pour devenir plus compétitive. C'est l'action de ces entreprises en concurrence et les inventions qui en découlent qui permettent d'augmenter le niveau de vie de la population. Il est bien évident que plus le marché est grand plus l'on aura d'entreprises en concurrence et plus le niveau de vie a des chances d'évoluer. L'exemple des pays communistes a montré que sans concurrence, sans économie de marché, le système finit par se bloquer et ne plus évoluer malgré la volonté des dirigeants. Les ultralibéraux auraient-ils donc raison ? Si on s'en tient à ce raisonnement oui. D'ailleurs Debreu, prix Nobel d'économie en 1983, ne montre-t-il pas, par ses travaux statistiques et à l'aide d'opérations mathématiques que la liberté de produire et de commercer aboutit à la meilleure croissance ? Mais, même si en France l'on nous dit que la politique économique du gouvernement est la seule possible, même si des experts internationaux sont d'accord, il n'en demeure pas moins que nous ne vivons pas du mieux possible. Chacun se rend bien compte que si les chômeurs pouvaient travailler ils produiraient et nous pourrions consommer plus. Dans notre monde technique les possibilités de production ne manquent pas. Nous sommes tous limités quant à nos possibilités d'achats. Nous savons tous que ce n'est pas notre manque de besoin d'achats qui crée le chômage mais la mauvaise organisation de la société. Le libre échange ultralibéral marginalise trop de personnes. Il y a trop de chômeurs pour que l'on puisse croire que c'est la meilleure solution possible. La pratique du libre échange.Pour lutter contre la crise nous préconisons La limitation des importations en fonction des exportations. Mais l'équilibre des échanges bilatéraux est il le seul équilibre possible ? Imaginons quatre pays :A,B,C,D. A importe de B pour 200 unités, B importe de C pour 200 unités, C importe de D pour 200 unités et D importe de A pour 200 unités. Nous voyons que le commerce de ces quatre pays est équilibré alors que les échanges bilatéraux sont déséquilibrés. Dans le cadre d'un marché libéral la réalisation d'un tel équilibre est théoriquement possible. Mais l'économie n'est pas figée. Admettons que A décide d'augmenter le niveau de vie de ses citoyens et que cela élève les importations d'une unité. Pour que l'équilibre revienne il faut que les trois autres pays augmentent leurs importations aussi mais le voudront-ils en même temps? Il y a d'autres solutions. Il suffirait simplement que B importe une unité de A. Mais dans le système libéral B peut très bien vouloir vendre mais pas désirer importer pour autant et consacrer son excédent à l'achat d'entreprises, de terrains ainsi qu'à des prêts ce qui permet à B de coloniser économiquement A. Le système libéral ne peut pas être facilement géré. Il conduit à des conflits économiques. Compte tenu du nombre de pays existants sur la planète comment peut-on affirmer qu'il n'y aura pas toujours au moins un pays qui voudra acquérir une puissance économique ? Chaque pays, pour pouvoir se développer harmonieusement, doit veiller à ce que sa balance commerciale soit équilibrée. Si nous continuons notre exemple nous voyons bien que A devra payer les dividendes des investissements et les intérêts des prêts. Pour pouvoir rembourser ses dettes A devra avoir une balance commerciale excédentaire. Si A n'a pas une balance commerciale suffisamment excédentaire il devra s'endetter encore pour payer sa dette à B et ce cycle n'a pas de fin. La production de A s'en va à l'extérieur pour payer la dette. Les habitants de A devront toujours produire plus et limiter leur niveau de vie tandis que ceux de B pourront élever leur niveau de vie sans produire plus. L'avantage pris par B au début est déterminant pour l'avenir. B va pouvoir consacrer plus de moyens à la formation de sa population. Le gouvernement de B peut faire évoluer le niveau de vie de telle sorte que ses importations augmentées des dépenses financières éventuelles du pays soient inférieures à ses exportations augmentées de ses revenus financiers. Le pays A peut s'en sortir. Il suffit pour cela, s'il souhaite rester dans le système de libre échange, qu'il limite d'une manière drastique le niveau de vie de sa population. C'est ce qu'a du faire la Tunisie, par exemple, sur recommandations du FMI. Ici le niveau de vie de A ne peut pas évoluer parce que le gouvernement de B ne veut pas élever le niveau de vie de sa population. Mais en admettant que le gouvernement de B veuille élever le niveau de vie de sa population, il se peut aussi que les habitants de B préfèrent consommer leurs propres produits ou préfèrent épargner. Nous voyons très bien qu'avec le libre échange le souhait de la population de A d'élever son niveau de vie peut être bloqué même s'il existe en A des ressources physiques et humaines qui pourraient permettre l'élévation du niveau de vie. En fait, si l'on ne se contente pas de regarder l'économie d'une manière superficielle, on s'aperçoit que le libre échange conduit à moins de liberté que le système que je propose. Les habitants de A ne peuvent pas consommer autant qu'ils le pourraient. Le gouvernement et les habitants de B vont recevoir des pressions afin qu'ils consomment plus ou produisent moins. Dans le système que je propose les habitants de A peuvent consommer au maximum de leur possibilité de production tandis que les habitants de B adaptent automatiquement leur production en fonction de leur consommation. De plus le colonialisme économique devient impossible, c'est donc une solution plus humaine. Cette attitude ne correspond pas à une mentalité nationaliste. Mais, est-ce un hasard si les deux grands perdants de la seconde guerre mondiale sont aussi les deux grands gagnants de la guerre économique ? Bien sûr, dans le raisonnement que je viens de tenir j'ai beaucoup simplifié la réalité. En étant trop sommaire, est-ce que je ne commet pas des erreurs de jugements? Pour s'en faire une idée plus claire il faut observer l'économie. Les effets indésirables du libre échangeLe commerce mondial est basé sur le libre échange. Les théories économistes libérales tendent à démontrer à l'aide de fonctions mathématiques que le libre échange permet la plus grande croissance possible de l'économie mondiale. Mais leur raisonnement est faux. Car si dans un premier temps le libre échange augmente la dimension du marché et donc la concurrence stimulant ainsi l'élévation du niveau de vie, dans un second temps, les effets pervers du système finissent par réduire la concurrence et marginaliser une importante partie de la population mondiale. La mode du libre échange et de l'économie ultralibérale se répand dans un monde qui ignore trop souvent toutes les autres formes d'économie. Le monde communiste s'est effondré à cause d'une bureaucratie qui ne pouvait pas gérer les millions de variables qui engendrent la croissance. L'économie de marché est le meilleur stimulant pour la croissance. Il est vrai qu'aucun homme ou groupe d'hommes ne peut prétendre connaître à l'avance ni les désirs de tous les individus, ni les inventions et les gains de productivité qui seront réalisés dans telle ou telle entreprise. Mais le libre échange ne conduit-il pas à créer des effets indésirables ? L'apparition du chômage et de la misère dans les pays occidentaux beaucoup plus riches qu'autrefois est-il un signe de progrès? Alors que les connaissances techniques et scientifiques progressent chaque jour davantage est-il normal que certains pays connaissent une récession ? Pour qu'un pays pauvre puisse redresser son économie est-il normal qu'il doive limiter de manière drastique le niveau de vie de sa population afin de pouvoir investir? Les révoltes de la faim qui se sont produites à la suite de l'intervention du fond monétaire international dans certains pays comme la Tunisie sont-elles la preuve du progrès? En France, la nécessité d'ouvrir des restaurants du coeur, l'invasion du métro, des gares, des aéroports, des immeubles non habités et des rues par des gens sans abri sont ils des signes qui montrent que tout va bien? Beaucoup de signes laissent penser qu'une crise au moins aussi grave que celle des années trente risque de se produire si le système du libre échange n'est pas remis en cause. En 1992, aux Etats Unis, la dette accumulée par les ménages, les entreprises et l'État fédéral représentait deux fois et demie le PNB américain soit le double du niveau des années 1950-1980; un seul précédent historique 1930. Au fur et à mesure que les prix chutent et que s'érodent les marges bénéficiaires, les faillites se multiplient. La sinistralité augmente. Il ne s'agit plus seulement de défaillances industrielles ou commerciales, mais de sinistres véritables comme les vols de voitures, les cambriolages, les accidents du travail, les incendies de stocks, dans un contexte où l'on rogne sur tout y compris sur la sécurité. Les sinistres supérieurs à 50 millions de francs ont bondi de 66% en 1991, révèle Denis Kessler, président de la Fédération Française des sociétés d'assurances. Je sais, depuis 1992 la croissance a repris, les entreprises gagnent plus d'argent et embauchent mais si cela est vrai en France est-ce le cas de tous les pays ? Qui nous garantit que les problèmes ne reviendront pas en France ? Le libre échange source d'instabilitéEn matière d'économie le libre échange n'est pas la panacée contrairement à ce qu'affirme certains. Le libre échange peut finir par bloquer l'évolution de la société. Tant que le chômage n'a concerné qu'une petite portion de la population la fainéantise suffisait à expliquer cet état, cela donnait bonne conscience, puis le chômage augmentant encore, les hommes politiques français ont expliqué que cela était du à une crise mondiale. Mais la croissance continue encore même si elle est plus faible qu'autrefois et qu'elle n'est pas suffisante pour résorber le chômage elle permet encore l'élévation du niveau de vie d'une majorité égoïste et aveugle. Celle-ci ne voit pas venir le danger qui s'avance. Pourtant des nuages assombrissent le ciel de la prospérité: montée du chômage, de l'insécurité, de l'extrême droite. La majorité opulente risque de devenir une minorité enviée. N'oublions jamais qu'Hitler a été élu démocratiquement et forma un gouvernement le 30 janvier 1933. L'Allemagne comptait six millions de chômeurs. Qu'Hitler serait un dictateur sanguinaire les allemands ne pouvaient pas en douter. Il avait créé des sections d'assaut (SA) en 1921 et il tenta un putsch à Munich en 1923. Il échoua et fut conduit en prison. Il en profita pour écrire Mein Kampf où est exposé la doctrine ultra nationaliste et raciste du nazisme. Les allemands ne sont pas plus criminels et sanguinaires qu'un autre peuple et d'ailleurs dans la destruction systématique des juifs ils furent aidés. De nombreux européens avaient un ressentiment contre les juifs qui servaient de boucs émissaires. Aujourd'hui encore cette haine est forte dans certains pays d'Europe. Même s'ils ne pouvaient pas ignorer qu'Hitler serait un meurtrier les Allemands l'ont élu non parce qu'il était un dictateur potentiel mais parce qu'il était un espoir de jours meilleurs pour ceux qui l'élisaient. Ce n'est pas le meurtrier qu'ils ont élu mais l'espoir de sortir de la misère noire où ils étaient. Tout homme, quel qui soit, cherche à améliorer sa condition. Si un type de société le maintient dans la misère ou lui refuse tout espoir d'évoluer il risque se laisser tenter par les sirènes politiques. C'est le talent d'orateur, plus que les idées, qui attirent les espoirs déçus d'une société qui se veut matérialiste et raisonnable mais qui méprise une partie de sa population. Cette population pour survivre, pour suivre les mythes de la société de consommation, verse dans la délinquance. La population voit monter l'insécurité que les prisons bondées ne suffisent pas à enrayer. La population pauvre n'aspire qu'à avoir un peu, un peu d'espoir, un peu d'argent pour vivre et se nourrir. La population qui possède un tant soit peu espère plus d'ordre. Les deux exigences sont légitimes. Pour la population pauvre choisir entre rien et rien ce n'est pas de la liberté et peu lui importe le risque de dictature pourvu quelle puisse avoir un meilleur niveau de vie donc en fait plus de liberté personnelle. Quant aux libertés collectives la population pauvre n'a pas les moyens de les satisfaire. Si elles existent sur le papier, elles ne peuvent pas s'exprimer dans les faits. Lorsque l'on n'a pas les moyens de s'informer, de se déplacer, de rencontrer des personnes d'horizons différents on ne peut pas se sentir libre et on cherche à se raccrocher à tous les espoirs fussent-ils les plus insensés. La théorie des cyclesLes économistes ont vu dans les crises des phénomènes cycliques. Ainsi de 1825 à 1929, treize crises s'étaient succédées. Certains en ont déduit qu'il y avait un cycle d'une durée moyenne de huit ans que Schumpeter baptisa le cycle Juglar en l'honneur du français le docteur Clément Juglar qui l'avait mis à jour entre 1860 et 1890. Huit ans avant 1929 c'est à dire en 1921 le monde capitaliste avait connu effectivement une crise. La production avait baissé aux Etats Unis de quinze pour cent et le chômage toucha près de cinq millions de travailleurs. Mais la reprise des affaires se manifeste dès 1922. Elle est due avant tout à une résorption des stocks de marchandises qui s'étaient accumulés aux Etats-Unis. Pour surmonter la crise, le gouvernement fédéral recourt aussi à des mesures limitées d'interventions économiques, telle la réduction des importations par des contingentements et des tarifs douaniers élevés. Le Japon procède à une forte dévaluation du Yen pour relancer ses exportations. Mais la crise de 1920-1921 laisse cependant des traces durables, notamment une disparité entre les prix des matières premières et ceux des produits manufacturés, qui pèsera pendant toute la période suivante sur les pays coloniaux ou peu développés dont l'économie repose essentiellement sur l'exportation de matières brutes. La crise a aussi précipité la concentration capitaliste dans les grands pays industrialisés. Mais le fait qu'elle ait été surmontée sans intervention brutale ni excessive de l'État, renforce chez de nombreux économistes la conviction qu'au lendemain d'une crise la reprise des activités est un phénomène naturel dû à un simple rééquilibrage du marché grâce à la baisse de la production et des prix: telle sera la réaction des milieux républicains aux Etats Unis lors de la grande dépression de 1929. Autant que la guerre, la crise de 1920-1921 a également mis en évidence le poids des problèmes monétaires et des mouvements de capitaux dans le jeu économique international. Les enseignements tirés de la crise de 1921 par les milieux politiques américains se sont révélés néfastes pour l'économie mondiale en 1929. En pensant réduire la crise de 1929 la banque fédérale a restreint le crédit étouffant ainsi les banques et l'économie mondiale. De 1929 à 1933 la masse monétaire s'est contractée d'un tiers. A chaque crise les pays capitalistes ont limité leurs importations. L'ouverture des frontières a été stoppée. Les crises ne serait-elle pas due aux excès du libre échange? L'économie n'oscillerait-elle pas entre un excès du libre échange puis un excès de protectionnisme visant à réguler l'excès précédent? La théorie des cycles n'est pas recevable. Au cycle de huit ans ont été ajoutés des cycles de quatre ans appelés de Kitchin par Schumpeter. Les crises ne sont pas une fatalité induites par un phénomène cyclique. Toute science digne de ce nom ne s'accommode pas des fatalités. L'économie est une science et la connaissance des phénomènes qui engendrent la croissance et les crises permet de mieux éviter ces dernières. En octobre 1987 lors du krach boursier beaucoup se sont souvenus du krach d'octobre 1929. Mais en 1929, le président des Etats Unis Hoover n'avait pas tenu compte des avis des économistes et la banque fédérale a fait une politique stupide. Celle ci a, dès les premières alertes, resserré le crédit asphyxiant ainsi les banques et par voie de conséquence, les entreprises. De 1929 à 1933 la masse monétaire s'était contractée d'un tiers ce qui a généré la crise des années 30 à l'origine de la deuxième guerre mondiale. Mais en 1987, lors du krach boursier, le gouverneur de la banque fédéral de New-York téléphone lui-même aux banquiers pour leur donner l'ordre de financer les intermédiaires de la Bourse en difficulté. Au cours des années 1988 et 1989 la croissance mondiale a continué comme si l'accident boursier n'avait été qu'une correction du marché. Est-ce la fin des crises cycliques?Depuis la fin de la dernière guerre mondiale nous avons connu une période continue de croissance. Certains inconditionnels des cycles y voient encore dans les variations des taux de croissance la persistance des cycles. Les phénomènes qui engendraient les crises ont ils donc disparu? Nous avons émis l'hypothèse que les crises étaient dues à un excès du libre échange (En fait nous le verrons de multiples facteurs peuvent intervenir) . Pourtant depuis la fin de la dernière guerre le monde a connu une période de croissance économique continue. Est-ce à dire que le libre échange ne produit plus de dysfonctionnement ? Tout est-il au mieux dans le meilleur des mondes possible ? Non ! Que l'anarchie du libre échange entraîne l'équilibre de l'économie mondiale serait l'idéal mais c'est malheureusement une utopie. Si la croissance mondiale s'est faite sans discontinuer depuis la seconde guerre mondiale c'est grâce au chantre du libre échangisme c'est à dire les Etats Unis. Mais ce pays a payé chèrement l'imposition de son utopie. L'idéologie n'est pas le monopole du communisme moribond. La croissance mondiale sans accident depuis la fin de la seconde guerre mondiale a été permise par le déficit permanent de la balance commerciale des Etats Unis. A la fin de la seconde guerre mondiale les Etats Unis possèdent les trois quarts du stock mondial d'or. Le marché américain est le seul qui soit abondant et diversifié. Le dollar correspond à un poids d'or fixe. Posséder des dollars revient à posséder de l'or. Les économies en reconstruction sont demandeuses de cette monnaie. Le flot de dollars satisfait à peine les liquidités du monde. A la fin de 1957, les réserves d'or des Etats Unis sont au même niveau qu'en 1950 soit 22,8 milliards de dollars, et on ne compte que 3,5 milliards d'avoirs libellés en dollars. Mais dès 1958 c'est le retour à la convertibilité externe des principales monnaies. La demande de dollars est moins grande mais le déficit de la balance commerciale demeure si bien qu'entre le premier janvier 1958 et le 31 décembre 1960 les Etats Unis perdent 5 milliards de dollars or. Mais l'hémorragie aurifère ne s'arrête pas là. Lorsque le 15 août 1971, le président Nixon suspend toute convertibilité officielle du dollar en or, il ne reste que dix milliards or sur les vingt deux milliards or détenus par les Etats Unis en 1950. Depuis 1950, le déficit de la balance américaine des paiements n'a cessé de croître. Il fut d'abord modeste puis il s'est maintenu entre 1 et 3 milliards de dollars jusqu'en 1968 année unique d'un équilibre pour ensuite s'aggraver rapidement. Il atteignait 17 milliards en 1971 et plus de 150 milliards en 1987. Même si ce dernier chiffre ne correspond plus à des dollars indexés sur l'or et que son montant déflaté comme disent les spécialistes, c'est à dire diminué de l'inflation, serait moins grand, il n'en demeure pas moins considérablement élevé. L'État américain est tombé sous la dépendance des investisseurs nippons pour le financement de près d'un tiers de son déficit budgétaire et la crainte se fait qu'une brusque cessation de ce soutien puisse porter un coup fatal à l'économie américaine. De plus la balance des paiements américains ne peut pas demeurer éternellement déficitaire et plus l'on attendra plus le rééquilibrage de cette balance risque d'engendrer une crise extrêmement grave. En 1987, il y a déjà eu une première alerte lors du krach boursier d'octobre. Les autorités monétaires ont pris les mesures nécessaires pour que la crise des années trente ne se reproduise pas mais les déséquilibres qui ont conduit à cette crise persistent. Aujourd'hui nous avons les moyens de nous sortir des crises périodiques mais il nous faut remettre le système du libre échange en question. Le libre échange réduit la concurrence.Après 1918 des ententes internationales entre les grandes firmes apparaissent : des cartels fixent les quotas de production et les prix, répartissent les débouchés, délimitent les zones d'exploitation. Ainsi en 1926, les producteurs allemands, belges, français, luxembourgeois et sarrois fondent le Cartel international de l'acier: chaque trimestre le comité directeur détermine le tonnage que pourra produire chaque groupe participant. La réduction du nombre de firmes ne peut que faciliter les ententes qui visent à maintenir un prix plus élevé que le marché ne le permettrait. Ces ententes se font dans la plus grande discrétion par souci d'efficacité vis à vis des clients et pour échapper aux enquêtes administratives. Mais certaines affaires peuvent montrer l'étendue du phénomène: affaires des teinturiers de 1969, du syndicat des fils et câbles électriques condamné deux fois en 1963 et 1971, des tubes en PVC , des pétroliers. Ces ententes existent aussi bien dans les banques et les assurances que dans le bâtiment et les travaux publics. En 1971, en Allemagne Fédérale, une enquête menée à la demande du chancelier Brandt avait recensé soixante dix cartels à l'exportation principalement dans la construction mécanique, l'industrie textile, la construction électrique. Les pays industrialisés les plus riches (Europe Occidentale, Etats-Unis,Japon) bien que groupant moins du tiers de la population mondiale , sont responsables de la majeure partie des échanges mondiaux et leur part ne cesse de s'accroître: 68% pour la moyenne des années 1962 à 1967, 72% pour celle des années 1968 à 1973. A l'intérieur des pays industrialisé la concentration des entreprises augmente. La libéralisation des marchés financiers a favorisé l'émergence et le développement de six cents multinationales qui représentent actuellement un cinquième de toute la valeur ajoutée de la production agricole et industrielle du monde. Mais le terme de multinationale est aujourd'hui obsolète. Les méga sociétés sont essentiellement apatrides. Les firmes de certains pays peuvent largement dominer le marché mondial et imposer leurs prix. Ainsi les entreprises japonaises contrôlaient 50% des composants électroniques pour l'informatique et 85% des puces de mémoire. Le libre échange finit par marginaliser la part des pays en voie de développement dans le commerce mondial et à réduire le nombre d'entreprises concurrentes. Les chiffres sont là pour en témoigner. Combien de temps encore l'évidence sera-t-elle niée? Pour ces entreprises s'entendre sur le dos des consommateurs devient tentant compte tenu de l'évolution des moyens de communication et de la concentration de la production en un nombre de firmes qui se réduit. Les ententes deviennent de plus en plus faciles. Dans ces conditions le libre échange finit par aboutir à la destruction de l'économie de marché. Il y a bien sûr des lois visant à interdire les monopoles aux Etats Unis et en Allemagne par exemple mais ces lois sont insuffisantes. Le risque est grand de voir les méga sociétés échapper à tout contrôle. |
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