Posons le problème économique

Pour résoudre un problème il faut bien en poser les bases tout en se fixant un objectif. Il est bien connu qu'un problème bien posé est déjà à moitié résolu.

Ce que nous voulons ce n'est pas seulement créer le plein emploi mais aussi faire en sorte que le niveau de vie soit au maximum. Ces deux éléments peuvent contribuer au bonheur de l'être humain.

Regardons maintenant ce que les gouvernements demandent à leurs citoyens.

Ce qui est demandé aujourd'hui c'est d'être compétitifs, c'est à dire de donner la possibilité aux entreprises de pratiquer des prix suffisamment bas pour permettre au pays de maintenir, au minimum, une balance des paiements équilibrée. Un gouvernement est reconnu comme un bon gestionnaire lorsqu'il a une balance des paiements excédentaire.

Dans ce raisonnement la qualité de vie de l'être humain n'est pas pris en compte. Les gouvernements essayent de résoudre un problème qui n'a rien à voir avec la qualité de vie de l'être humain.

Dès le début nous voyons que nos objectifs premiers sont totalement différents des gouvernements en place. Objectifs premiers a ici une très grande importance pour pouvoir comprendre la suite de notre raisonnement. Car aucun gouvernement ne dira qu'il ne veut pas que sa population ait un meilleur niveau de vie. Tous les gouvernements aimeraient voir tous ceux qui peuvent travailler occuper un emploi.

Nous ne disons pas que ces souhaits gouvernementaux ne sont pas sincères nous disons qu'ils sont simplement secondaires. Les gouvernements se préoccupent avant tout de l'équilibre des balances des paiements et des balances commerciales avant la qualité de vie des être humains. Nous allons le voir, cela a une très grande importance sur la nature de l'analyse économique que l'on peut faire.

Vous vous demandez certainement pourquoi les économistes n'ont pas dénoncé notre mauvaise organisation économique. Je tiens à vous rassurer ils n'ont pas failli à leur mission. En voici pour preuve un extrait du livre de John K. Galbraith: L'économie en perspective, dont la traduction française est parue en 1989 aux éditions du Seuil:

<<De très nombreux érudits ont déjà souligné que la lutte des Etats mercantilistes pour établir une balance commerciale favorable - c'est à dire pour exporter plus en valeur qu'ils n'importaient - n'était pas un jeu facile où tous pouvaient gagner. Peu de vérités économiques sont plus évidentes. Mais cela n'empêcha aucun pays de s'y essayer. Exactement comme à l'heure actuelle. Jusqu'à aujourd'hui, toutes les nations se sont toujours préoccupées de leur balance des paiements et se sont toujours demandées s'il n'était pas possible de l'améliorer.>>

John Galbraith n'est pas un inconnu. Professeur émérite à l'université d'Harvard, ancien ambassadeur des Etats Unis en Inde sous Kennedy, il est l'auteur d'une vingtaine de livres. Il est également commandeur de la légion d'honneur.

Je profite de cette page pour réaffirmer ce que je pense de l'économie. Ce n'est pas parce que beaucoup de monde dit que 2 et 2 font 5 qu'il faut en conclure que les mathématiques ne sont pas une science exacte. Il en est de même en économie. Ce n'est pas parce que beaucoup de monde se trompe que l'économie ne peut pas être une science exacte.

Nous avons dit que la priorité des gouvernements était d'avoir une économie compétitive. Nous allons donc analyser au cours des chapitres suivants les prix.

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