Les facteurs pouvant faire varier le niveau du chômage
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-les changements de mode, -l'allongement de la durée de vie d'un appareil, -l'évolution démographique, -l'évolution des mentalités face au travail, -les guerres et les catastrophes naturelles, -une organisation différente, -une politique monétaire restrictive, -l'inflation, -la spéculation -l'épargne, (Les facteurs suivants sont développés dans la deuxième partie) -un niveau de vie insuffisant, -les gains de productivité, -un nouveau bien ou un nouveau service -la manière d'équilibrer la balance commerciale, -une prévention plus ou moins grande des risques, -des obligations administratives, -des offres d'emplois non satisfaites, -les formations durant la période active, -le nombre d'emplois dans les administration publiques, -un temps de travail inadapté. Les changements de modeSoit une population ayant pour habitude de porter des chapeaux. La fabrication des chapeaux emploie dix mille personnes. Supposons maintenant qu'il y a un changement de mode. Plus personne ne porte le chapeau. Les dix mille travailleurs qui fabriquaient les chapeaux vont se retrouver au chômage. La perte des revenus de ces travailleurs va entraîner des dépenses en moins. Les autres fabricants vont donc devoir baisser leur production et donc licencier. On peut penser que l'argent qui servait à acheter les chapeaux pourra être utilisé à d'autres achats de biens ou de services. Dans ce cas le nombre de chômeurs n'augmentera que si, pour le même prix, il faut moins de travail. Les économies dégagées par le changement peuvent aussi aller dans une épargne stérile, vers la spéculation, vers une demande inflationniste des biens déjà consommés mais dont les industriels ne veulent ou ne peuvent pas produire plus. A l'inverse, dans une situation de chômage, un nouvel accessoire vestimentaire ou le fait de porter à nouveau des chapeaux pourra créer des emplois. L'allongement de la durée de vie d'un matérielPlus la longévité d'un matériel est grande et moins on le remplace souvent. Une amélioration qui permet au matériel de durer plus longtemps peut avoir des conséquences sur l'emploi, plusieurs années après. Prenons un exemple. Supposons que l'on peut garder les automobiles pendant cinq ans en moyenne et que, grâce à de nouveaux matériaux dont l'utilisation n'a pas d'influence sur le temps de travail, on arrive à obtenir des véhicules qui dureront en moyenne six ans. Dans ce cas la baisse des ventes ne se produira que cinq ans après. En admettant que 100 ouvriers produisent 100 voitures par an. Pour satisfaire 500 consommateurs il faut 100 ouvriers. Si la durée des véhicules est en moyenne de six ans il n'en faudra plus que 500/6 soit 84. L'évolution démographiqueLa population totale peut varier en fonction de sa natalité, de son espérance de vie, de son solde migratoire. Si la population augmente cela conduira à une demande de travail plus importante. Mais conseiller à la population de croître toujours plus est une fuite en avant dangereuse. Avec une telle politique on diminue à chaque naissance l'espace disponible pour chacun. De plus les ressources naturelles ne sont pas inépuisables. Augmenter toujours la population provoquera inéluctablement une baisse du niveau de vie, des pénuries alimentaires d'où des risques de plus en plus grands de troubles sociaux et de guerres. Avec l'augmentation du nombre de retraités le problème du financement des retraites se pose. Mais c'est également pour certains politiques ou fonctionnaires un espoir facile de sortir le pays du chômage. Le nombre de retraités par rapport au nombre d'actifs va passer de 0,4 en 1990 à 0,8 en 2040. On sait que la population active va diminuer naturellement. On ne peut pas se contenter d'attendre que la population active baisse pour revenir au plein emploi. D'une part parce qu'on perd ainsi les biens et services qu'auraient pus créer les chômeurs s'ils avaient été employés. D'autre part on ne peut pas humainement être satisfait de voir une partie de la population condamnée à l'inactivité avec la faiblesse des revenus qui en découle. L'évolution des mentalités face au travailLes femmes peuvent ou non travailler et selon leur désir il y aura une population active plus ou moins importante. Il se peut également que certains hommes préfèrent rester au foyer dans la mesure où leur femme a un revenu suffisant. Les jeunes peuvent choisir, en fonction de la situation économique, prolonger leurs études ou intégrer la vie active. Plus les études seront longues et moins la population active sera importante. D'où la volonté des autorités de faire poursuivre des études toujours plus longues. Si la volonté de mieux former les employés peut être réelle le désir de diminuer la population active n'en est pas moins vrai. Les guerres et les catastrophes naturellesLes guerres et les catastrophes naturelles en détruisant les infrastructures et la vie d'une partie, plus ou moins importante, de la population peuvent contribuer à diminuer le nombre de chômeurs. Après une guerre ou un cataclysme l'homme reconstruit ce qu'il a perdu cette occupation nouvelle ne contribue pas, dans un premier temps, à élever son niveau de vie. Cela va, selon l'ampleur des dégâts, demander des sacrifices à la collectivité. Il est vrai que, pour ceux qui étaient au chômage avant l'événement dramatique, cette conjoncture peut représenter une amélioration du niveau de vie. J'ai, parfois, entendu dire qu'avec une guerre l'économie repartirai. A une situation désespérée correspond des actes désespérés. Espérer la destruction de la société par un bain de sang pour en bâtir une nouvelle peut devenir le combat de certains dans la mesure où il n'y a pour eux aucune autre perspective d'avenir. Lutter contre le chômage c'est aussi stabiliser la société ne l'oublions pas. Une organisation différenteSelon l'organisation de la société le nombre d'emplois peut être différent. Dans la société japonaise, par exemple, les gens sont, pour l'instant, très attachés aux services ce qui crée des emplois. En supprimant ou en ajoutant des cadres supplémentaires, en voulant plus ou moins le dialogue avec le personnel et les clients, les entreprises peuvent créer un nombre plus ou moins grand d'emplois pour une même production. Une politique monétaire restrictivePour qu'une économie puisse bien fonctionner il faut des liquidités en quantité suffisante. Les consommateurs ne pourront s'acheter ce qu'ils désirent que s'ils en ont les moyens financiers. Nous sommes en économie de marché et les prix se fixent en partie, en fonction de l'offre et de la demande. Pour juguler l'inflation, pour avoir une monnaie forte on peut réduire l'offre de liquidité. Les importations sont limitées par la baisse des revenus des ménages. Le franc devient rare sur le marché international et s'apprécie donc, il devient une monnaie forte. Quant aux industriels s'ils augmentent leurs prix les consommateurs n'auront pas assez de liquidités pour suivre cette hausse et les quantités produites devront baisser. Pour tous ceux qui en doute encore voici une preuve que l'économie de libre échange que nous connaissons conduit à limiter le niveau de vie de chacun. Comment voulez-vous, dans ces conditions lutter efficacement contre le chômage ?. Henri Sterdyniak écrit dans un ouvrage de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) (L'économie française 1995, éditions La Découverte). <<Cette dépression coûte, en 1993, 4,1 points de PIB aux finances publiques (diminution des recettes fiscales et sociales, hausse des prestations chômage). Ce coût aurait été fortement réduit si une politique monétaire plus expansionniste avait été mise en oeuvre : la charge de la dette publique serait moindre et la chute de l'activité, donc des recettes fiscales, aurait été plus faible.>> Si l'économie manque de moyens financiers les industriels ne peuvent plus vendre leur production et sont obligés de réduire leurs prix mais comme cela ne suffit pas ils doivent licencier. Cette situation s'est produite en France en 1993. Mais si, comme le montre cet exemple récent, les autorités monétaires ne sont pas à l'abri de commettre une telle erreur elles sont sensibilisées à ce problème. L'inflationCertains industriels peuvent avoir intérêt à s'entendre pour faire monter les prix. En agissant ainsi ils peuvent augmenter considérablement leurs profits. Mais les profits des uns diminuent les pouvoirs de consommation des autres. Si les consommateurs achètent moins cela va entraîner du chômage. Pour relancer la consommation l'État pourrait injecter des liquidités dans l'économie pour combattre la récession. Mais une telle politique permettrait aux profits excessifs des uns d'alimenter la spéculation contre la monnaie, ou la spéculation immobilière. Il est donc nécessaire de combattre le mal à la racine c'est à dire au niveau de l'entente entre les producteurs. Ce combat devrait être celui de tous les consommateurs. Il existe de nombreuses associations dans ce domaine. Avec un nombre d'adhérents plus important elles n'en seraient que plus puissantes. Avec le libre échange la concurrence est mondiale, les ententes semblent en théorie de plus en plus difficile. Mais la politique du libre échange est un leurre. Elle permet au plus fort d'écraser les plus petits. En fait, avec le libre échange on ne garantit pas la concurrence. Avec des entreprises de plus en plus importantes, de moins en moins nombreuses, de plus en plus liées entre elles par des liens financiers et amicaux, le danger d'entente est grand. Les économistes ont eu conscience des effets néfastes des ententes. Aux Etats Unis et en Europe des lois ont été faites pour les empêcher. Mais les gains qui peuvent être réalisés par les industriels sont tels que ces lois ne paraissent pas suffisamment dissuasives. Un certain nombre d'ententes ont été condamnées par la commission européenne. Dans le domaine du carton 19 sociétés se partagent la quasi totalité du marché européen estimé à 17 milliards de francs. Les dirigeants de ces sociétés se sont rencontrés, entre 1986 et 1991, plusieurs fois par an. Durant cette période, ils ont augmenté leurs prix deux fois par an de 6 à 10% dans tous les pays de la communauté européenne même quand les prix de la pâte à papier baissaient. La Commission européenne a infligé à ces entreprises 900 millions de francs d'amendes. Si l'on compare les amendes à l'importance des gains réalisés on s'aperçoit qu'elles ne sont pas dissuasives. Si l'on a pu juguler l'inflation en France le traitement qui a été fait n'est pas satisfaisant. Lorsque la capacité de production est insuffisante par rapport à la consommation il faut réduire le pouvoir d'achat. Dans ce domaine tous les gouvernements savent faire, c'est très facile. Mais le but que nous nous fixons n'est pas seulement de gérer au mieux l'économie mais aussi de faire en sorte que l'homme est le plus de moyens possibles. Avoir réduit l'inflation ne peut pas être satisfaisant lorsque pour arriver à ce résultat on a du réduire le pouvoir d'achat et augmenter le chômage. S'il est vrai que l'inflation est un mal pour l'économie il n'en demeure pas moins que l'on ne doit pas combattre le mal en créant un fléau : le chômage. Il faut noter également qu'une faible inflation peut permettre de répartir d'une manière plus équitable les gains de productivité. Il est difficile par exemple d'augmenter la productivité d'un coiffeur ou d'un docteur; il n'en va pas de même en ce qui concerne les biens industriels. Juguler l'inflation en limitant le pouvoir d'achat des ménages ne doit pas être la seule voie recherchée. Elle doit même être autant que possible évitée car elle constitue une limite à la liberté individuelle de consommer. Pour lutter contre l'inflation il faut que les moyens de production soient suffisants et qu'il y ait une véritable concurrence entre les producteurs. Il faut également qu'il y ait une véritable concurrence entre les distributeurs. L'affaire des cartonniers doit nous éclairer sur le chemin à prendre. Il faut éviter la concentration de la production. Pour cela il faut mettre en place des lois permettant le démantèlement d'une entreprise. Pour combattre les ententes qui peuvent non seulement se faire sur un prix mais aussi sur la manière de faire couler un concurrent; il serait souhaitable d'établir des lois beaucoup plus sévères. On pourra, par exemple, en cas d'entente du type des cartonniers obliger les actionnaires à changer les dirigeants, des peines de prison pourront être prononcées, limiter ou même supprimer la rémunération du conseil d'administration, limiter les bénéfices qui seront distribués aux actionnaires durant un certain temps, les bénéfices supplémentaires devront obligatoirement être restituées à l'ensemble des clients en fonction des factures faites. On pourra, si les capacités de production sont jugées insuffisantes obliger les entreprises à consacrer une partie des bénéfices à des investissements. On peut juger de telles propositions sévères mais n'est-il pas plus grave de limiter les possibilités de vivre pleinement à l'ensemble des citoyens ? La spéculationLa spéculation c'est acheter un bien et le conserver dans la seule finalité de le revendre plus cher. La spéculation contre la monnaie ne crée aucune richesse pourtant celui qui spécule contre la monnaie peut s'enrichir d'une manière extraordinaire. Le spéculateur obtient une contrepartie financière à son acte spéculatif sans rien apporter à la société. Il fait sa richesse sur le dos des producteurs et des consommateurs. La spéculation peut être un moyen facile de s'enrichir mais ce n'est pas toujours sans risques. Il en est ainsi, par exemple, pour la spéculation immobilière. Acheter en revendant toujours plus cher a forcément une fin. Par contre la spéculation immobilière, en soustrayant du marché un certain nombre d'immeubles, peut avoir des incidences négatives sur les consommateurs. C'est ce qui c'est passé en France dans les années 80. Ces achats spéculatifs réduisent l'offre de logements; tendent à faire élever les prix des immeubles et des loyers. Les incidences négatives sont d'autant plus importantes que les grands groupes qui ont spéculé sur l'immobilier étaient souvent des entreprises nationalisées. Parmi eux on peut citer le cas du Crédit Lyonnais. Les médias en ont largement parlé. Cette banque, pour résorber ses pertes dues à la spéculation immobilière a reçu une partie du produit des impôts. Encore une incidence néfaste pour les consommateurs. Autres victimes de la spéculation les employés qui vont être licenciés pour rétablir l'équilibre des comptes. Cette banque ne fut pas la seule à agir de la sorte. Les spéculateurs comptaient également d'autres banques ainsi que des assureurs. L'épargneL'épargne peut être thésaurisée. Les épargnants gardent leur argent de manière à consommer plus tard en vue d'un achat important ou par précaution. Lorsque l'épargne augmente la consommation tend à diminuer. Inversement quand l'épargne diminue la consommation augmente. Il est bien évident que ces comportements agissent sur l'emploi. L'épargne peut être investie. Elle va alimenter les capitaux pour permettre de créer ou de développer une entreprise. Cette épargne va se traduire par la construction de bâtiments ou de machines par exemple. L'argent qui va être investi va être soustrait de la consommation. Mais ces investissements vont augmenter les capacités de production de l'économie ce qui permettra à l'avenir de consommer plus. Lorsque l'épargne est investie, il est possible, pour la banque centrale, d'augmenter les liquidités afin de maintenir le même niveau de consommation. Pour ce faire, il faut qu'il y ait la main d'oeuvre disponible en quantité et dans les qualifications nécessaires pour produire à la fois les biens et services pour les consommateurs et les entreprises.
Serge CHEMINADE |
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