Un prix qui s’obstine à flirter avec les 1700 dollars l’once, même quand les marchés tanguent : l’or ne se contente pas de suivre la météo financière du jour, il trace sa route.
Les corrections, parfois brutales, comme celle du début septembre 2019,, rappellent que le métal jaune n’échappe pas à la volatilité. Pourtant, malgré ces à-coups, l’or reste loin au-dessus de sa valeur d’il y a huit ans en euros, et il n’a toujours pas retrouvé son sommet historique en dollars.
Vers un recul du dollar comme référence mondiale ?
La tension monte entre Washington et Téhéran. Donald Trump a décidé d’envoyer un millier de soldats de plus au Moyen-Orient. Pendant ce temps, la Banque centrale européenne souffle le chaud et le froid, affichant une volonté de soutenir l’économie, quitte à abaisser les taux d’intérêt.
À cela s’ajoute la Réserve fédérale américaine, qui n’a pas renoncé à l’idée de nouvelles baisses de taux en 2019. Un cocktail qui met l’or sous les projecteurs.
Mais au-delà de cette agitation, Scott Moore, à la tête d’EuroSun Mining, pointe un phénomène qui s’inscrit dans la durée : la volonté des États de s’émanciper du dollar.
« De plus en plus de gouvernements cherchent à s’affranchir de la domination du dollar dans les échanges internationaux », explique Moore. « Pour s’en donner les moyens, ils misent sur leurs réserves d’or et n’hésitent pas à en acquérir davantage. »
Des nations qui préfèrent l’or au billet vert
Ce mouvement s’observe surtout dans des pays qui n’ont jamais caché leur défiance envers les États-Unis : Russie, Chine, Iran, Venezuela, Syrie, Turquie, Qatar, Inde, Pakistan, Libye, Égypte, Philippines… Une liste qui en dit long sur la portée géopolitique du sujet.
L’or séduit ces États parce qu’il échappe à tout contrôle extérieur, contrairement au dollar ou aux moyens de paiement digitaux. Une réalité que confirment les chiffres sur les achats des banques centrales ces dernières années.
Le World Gold Council rapporte que, sur les trois premiers mois de 2019, ces institutions ont acheté plus de 70 % d’or en plus qu’à la même période un an plus tôt, un niveau inédit depuis 2013.
Ce contexte profite aussi à des projets miniers d’envergure. En Roumanie, la mine de Rovina développée par EuroSun pourrait, à terme, extraire dix millions d’onces d’or du sous-sol de la ceinture tethysienne. Un atout qui prend tout son sens dans ce mouvement de « dédollarisation » mondiale.
Des gestionnaires de fonds anticipent des sommets inédits
Dans les salles de marché, certains professionnels n’hésitent plus à évoquer des prix « fous » pour l’or. Paul Tudor Jones, figure respectée de la finance, assure que tous les voyants sont au vert pour voir rapidement l’once à 1700 dollars, propos tenus sans détour à Bloomberg.
Un tel niveau, converti au cours actuel, placerait l’once autour de 1530 à 1535 euros. Résultat : le kilo grimperait entre 49 000 et 50 000 euros.
Pour les investisseurs européens, cela pulvériserait le pic de 2011, alors fixé à 44 500 euros. Les Américains, eux, devraient viser le seuil de 1920 dollars pour battre leur propre record. Si ce cap est franchi, l’once atteindrait alors entre 1700 et 1730 euros, et le kilo frôlerait les 55 000 à 56 000 euros.
Certes, tout ceci dépend de l’évolution du taux de change euro-dollar. Reste que, même avec des variations modérées, la vigueur du dollar dope mécaniquement la valorisation de l’or côté européen.
La tendance ne devrait pas s’inverser de sitôt, au vu de la politique monétaire américaine et d’un contexte international de plus en plus imprévisible.
Ce qui retient surtout l’attention, c’est la dynamique de fond : l’or s’impose peu à peu comme le grand gagnant de l’affaiblissement du dollar et des stratégies nationales de diversification.
Les sanctions économiques, loin de freiner ce mouvement, accélèrent la demande. Russie et Chine, notamment, ont renforcé leurs achats d’or pour limiter leur exposition au billet vert. Leur coopération sur le plan monétaire leur permet d’échanger directement dans leurs devises respectives, en contournant le dollar.
Suivre à la loupe les décisions des banques centrales devient donc une nécessité pour anticiper les évolutions du marché.
Récemment, la Serbie et les Philippines ont rejoint le mouvement. La Serbie prévoit de doubler ses réserves nationales d’or, passant de 20 à 30 tonnes, puis à 50 tonnes d’ici la fin de 2020.
Paul Tudor Jones observe ces bouleversements de près et note un fait marquant : « On a connu 75 ans de croissance des échanges mondiaux, tout reposait sur la certitude que ce modèle durerait. Mais aujourd’hui, le système se retrouve remis en cause. »
Selon lui, les conséquences ne se feront sentir qu’à moyen terme. Une période de récession n’est pas à exclure, et les taux d’intérêt américains pourraient à nouveau frôler zéro. L’or, dans ce contexte, pourrait s’envoler.
Scott Moore partage ce constat : « Ce qui se passe avec l’Iran ne fait qu’accélérer la dédollarisation. Le dollar n’a plus le monopole, et l’or est prêt à reprendre toute sa place parmi les valeurs refuges. »
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Sur le marché de l’or, le train ne ralentit pas. Certains regardent le wagon de tête, d’autres s’accrochent à la locomotive. Où serez-vous quand le prochain cap sera franchi ?




