250 grammes de CO₂ par passager et par kilomètre : c’est la trace laissée par un avion long-courrier dans l’atmosphère, pulvérisant la voiture individuelle qui, pourtant, n’est pas réputée pour sa discrétion carbone. Le transport maritime, pilier de l’économie mondiale en assurant 90 % de nos échanges, s’invite lui aussi parmi les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre.
L’électricité qui propulse les trains n’offre aucune garantie universelle de sobriété carbone, surtout là où le charbon demeure roi. Malgré des avancées technologiques et des normes toujours plus strictes, l’écart d’impact écologique entre les modes de transport reste marqué.
Transports et pollution : comprendre l’empreinte écologique de nos déplacements
Le secteur du transport domine le palmarès des gaz à effet de serre (GES) en France, approchant 34 % des émissions nationales en 2023, selon les chiffres du ministère de la transition écologique. Ce poids s’explique d’abord par le règne de la voiture individuelle et la prégnance persistante des moteurs thermiques. Résultat : la pollution de l’air issue de nos déplacements accélère le réchauffement climatique et rend la vie urbaine plus difficile.Les analyses de l’ADEME détaillent le bilan carbone de chaque option. Impossible d’ignorer l’avion, qui crache entre 230 et 285 gCO₂ au kilomètre par passager, un sommet, loin devant la voiture thermique (218 gCO₂/km en moyenne), dont le chiffre grimpe si l’on voyage seul ou sur de courts trajets. Les poids lourds et utilitaires, eux, pèsent ensemble près de 37 % des émissions du secteur. À l’inverse, les transports en commun tirent leur épingle du jeu. Un trajet en TGV se limite à 2,4 à 14 gCO₂/km/passager ; le bus, entre 68 et 113 gCO₂/km. Métro et tramway s’en sortent mieux encore. La marche à pied, elle, reste hors catégorie, sans la moindre émission de GES. L’OCDE définit le transport durable comme respectant la santé, les écosystèmes, et la capacité de régénération des ressources : un horizon affiché par la France, qui vise la neutralité carbone en 2050.
Voici les chiffres clés pour comparer les émissions des principaux moyens de transport :
- Avion : 230 à 285 gCO₂/km/passager
- Voiture thermique : 218 gCO₂/km (selon l’occupation)
- Train TGV : 2,4 à 14 gCO₂/km/passager
- Marche à pied : zéro émission de GES
Quels modes de transport sont les plus polluants ? Le classement sans détour
Quand on compare les émissions de gaz à effet de serre, l’avion décroche la première place parmi les modes de transport les plus polluants. Sur les vols réguliers, chaque passager pèse lourd : 230 à 285 gCO₂/km. Sur les trajets courts, le décollage, très gourmand en carburant, alourdit encore le bilan. Malgré les progrès techniques, le secteur reste attaché au kérosène, sans alternative crédible à grande échelle.
Juste derrière, la voiture thermique affiche en moyenne 218 gCO₂/km. Le voyage en solo aggrave la situation. Les moteurs s’améliorent, mais la pollution atmosphérique et les embouteillages persistent. Les poids lourds et utilitaires légers ne sont pas en reste, représentant à eux deux près de 37 % des émissions liées au transport en France, une donnée confirmée par le comparateur ADEME.
Les ferries présentent une fourchette d’émissions très large : de 60 à 267 gCO₂/km/passager, selon leur remplissage et leur motorisation. Ce mode de déplacement, souvent négligé dans les débats publics, concurrence parfois l’avion sur certaines liaisons. En contraste, le train TGV (2,4 à 14 gCO₂/km/passager), le tramway (3,3 gCO₂/km/passager) et le métro (3,8 gCO₂/km/passager) témoignent de l’efficacité du collectif pour réduire l’empreinte carbone. Et la marche à pied reste imbattable, totalement neutre en émissions.
Pour visualiser l’écart, voici les ordres de grandeur :
- Avion : 230 à 285 gCO₂/km/passager
- Voiture thermique : 218 gCO₂/km
- Ferry : 60 à 267 gCO₂/km/passager
- Train TGV : 2,4 à 14 gCO₂/km/passager
- Marche à pied : zéro émission
Pourquoi l’avion reste-t-il le symbole du transport le moins écologique ?
L’avion concentre tous les signaux d’alerte. Non seulement ses émissions, 230 à 285 gCO₂/km/passager selon l’ADEME, s’affichent en haut du tableau, mais son fonctionnement même accentue ce fardeau. Propulsé uniquement grâce à une énergie fossile (le kérosène), il libère en altitude des gaz à effet de serre dont l’impact sur le climat est aggravé. Les traînées de condensation générées par chaque vol amplifient l’effet de serre, ajoutant une couche supplémentaire au problème.
Le contraste avec d’autres moyens de transport est frappant. Sur un aller-retour Paris-Marseille, le TGV émet 3,6 kg CO₂ par passager. L’avion, lui, grimpe à 304 kg. Même la voiture thermique plafonne à 338 kg. Selon la SNCF, le train a permis d’éviter l’équivalent de 2,1 millions de tonnes de CO₂ par rapport à l’aérien en 2019.
Quant au transport aérien, il échappe pour l’instant à la plupart des réglementations contraignantes. Les innovations, biocarburants, avions électriques, ne pèsent pas encore dans la balance. La demande, portée par le tourisme et la mondialisation, ne faiblit pas. Face à l’urgence climatique, l’avion reste le principal point noir du bilan carbone, incarnation d’un modèle qui atteint ses limites.
Des alternatives concrètes pour voyager en limitant son impact environnemental
Réduire son impact environnemental ne relève pas de la formule magique, mais de choix quotidiens et de solutions réelles. Plusieurs leviers s’offrent à ceux qui souhaitent agir, portés par la montée de la mobilité durable et la pression des chiffres de l’ADEME. Le vélo, mécanique ou électrique, décroche la palme avec seulement 21 à 22 gCO₂/km, l’essentiel venant de sa fabrication. La marche à pied, elle, reste la référence absolue, sans aucune émission liée au déplacement.
Voici les alternatives à privilégier pour limiter son empreinte lors des déplacements :
- Le train, en particulier le TGV, affiche un bilan carbone très bas : de 2,4 à 14 gCO₂/km/passager, grâce à l’électrification et l’efficacité énergétique du réseau.
- Les transports en commun urbains (métro, tramway) restent parmi les plus sobres, avec 3,3 à 3,8 gCO₂/km/passager.
- Le covoiturage permet de réduire jusqu’à 67 % les émissions par rapport à la voiture individuelle, en mutualisant les trajets et en répartissant les émissions sur plusieurs passagers.
La dynamique publique accélère la transition. Le Forfait Mobilités Durables encourage les modes actifs sur les trajets domicile-travail, jusqu’à 600 € pris en charge par l’employeur. Le bonus écologique facilite l’accès aux véhicules électriques. Pour compenser un bilan carbone difficile à réduire, la compensation carbone offre une solution complémentaire. Des villes comme Copenhague prouvent qu’un autre modèle est possible : là-bas, la moitié des habitants rejoignent leur travail à vélo. À l’échelle européenne, la fin annoncée des ventes de voitures thermiques neuves en 2035 donne le tempo de la transition écologique dans le secteur.
Changer de cap n’a rien d’une fiction : chaque trajet est une occasion de peser moins lourd sur la planète. À chacun de choisir sa route, sans perdre de vue la trace laissée derrière soi.


