La bataille de Coutras:
les protestants en difficulté.

Courageusement Henri IV se prépare à la bataille. Il place ses troupes dans une plaine de 900 mètres de diamètre. Il met en place ses 4 500 fantassins et ses 1 400 cavaliers. L'armée protestante est disposée en forme de croissant. A chaque extrémité il y a un corps d'infanterie.

L'artillerie protestante n'est pas importante. Elle ne comprend que deux canons et une couleuvrine mais elle est placée sur une petite hauteur: la butte Aux Loups. Sully et Clermont d'Amboise en ont le commandement. Sur les côtés de cette hauteur il a été placé un escadron de cavalerie. La petite colline est à droite de l'escadron de Soissons. De l'autre côté c'est l'escadron d'Henri de Navarre.

A six heures du matin l'armée catholique commence à arriver. Elle se dispose à 700 pas de l'armée protestante. Henri de Navarre placé sur la butte Aux Loups domine la plaine. Très vite il se rend compte que son aile gauche est trop faible. Il ordonne à 400 arquebusiers placés sur la droite de rejoindre l'aile gauche en courant sur le front des deux armées. Les catholiques se gaussent des protestants. Ils pensent qu'ils sont mal préparés de toute façon ils sont deux fois plus nombreux. Les protestants vont perdre la bataille. Ils en sont sûrs. A huit heures les troupes des deux camps sont disposées mais c'est seulement à neuf heures que les hostilités débutent.

L'artillerie protestante, bien disposée, commence par faire des ravages dans l'armée catholique. Chaque coup emporte une file de quinze à vingt hommes. Par contre l'artillerie catholique qui comprend, comme celle des protestants, deux canons seulement est mal disposée. Après cinq ou six volées complètement inefficaces il faut la changer de place ce qui provoque un certain désordre dans le camp catholique.

En voyant cela Lavardin, sur le front gauche, à la tête d'un escadron de cavalerie, demande au Duc de Joyeuse l'autorisation de charger. Le Duc de Joyeuse est d'accord. Aussitôt l'escadron fonce sur la cavalerie légère protestante commandée par La Trémouille.

Les protestants, pour se défendre, suivent la tactique de Coligny. A coté de chaque escadron de cavalerie il y a vingt arquebusiers à pied. Lorsqu'ils voient la cavalerie ennemi charger ils se placent alors cinq de front et quatre de file. Le premier rang met un genou à terre, le second se penche en avant en se baissant, les deux derniers restent debout. Ils attendent que les premiers cavaliers ennemis soient à moins de vingt pas. A ce moment ils tirent tous ensemble.

Cependant l'escadron de Lavardin compte 400 chevaux auxquels se sont joints un escadron de 200 chevaux légers et de 300 Albanais. L'escadron de La Trémouille ne compte que 200 chevaux. Malgré cette tactique la cavalerie catholique est bien trop nombreuse pour être arrêtée. Elle renverse à coups de lances certains cavaliers protestants dont La Trémouille le chef de l'escadron. Devant la charge le reste de la troupe est obligé de battre en retraite vers Coutras. Montgomery et Mignonville reprennent le commandement de l'escadron protestant.

Le protestant Turenne commande un autre escadron de cavalerie qui subit la charge de celui de Montigny . Là aussi l'escadron protestant est trop faible il doit battre en retraite. Cependant il ne fuit pas. Il recule simplement en bon ordre.

Devant les succès de la cavalerie l'aile gauche protestante est attaquée par une partie de l'infanterie catholique qui crie victoire. Loin de renoncer au combat les protestants se battent avec l'énergie du désespoir .

Sur l'aile droite c'est l'infanterie protestante qui, après avoir repoussé une attaque de diversion, prend l'initiative de l'offensive. Sur ce côté l'infanterie catholique a subi les tirs précis de l'artillerie protestante. Mais l'armée catholique a presque deux fois plus d'hommes que l'armée protestante.

Dans le même temps le Duc de Joyeuse ayant vu la déroute des premiers escadrons protestants est sûr de sa victoire. Avec ses 1 200 cavaliers il va pouvoir affronter les escadrons du roi de Navarre et des princes de Condé et de Soissons qui n'ont, avec leurs trois escadrons réunis, que 850 chevaux. Mais ceux-ci attendent avec confiance. Pour la plupart ils sont expérimentés et disciplinés contrairement aux hommes des troupes catholiques mais la plupart sont armés que de pistolets et d'épées. Henri de Navarre a demandé à ses cavaliers de laisser venir les catholiques et de tirer seulement à bout portant. De plus des arquebusiers suivant la tactique décrite plus haut vont se placer devant les trois escadrons de cavalerie protestants qui font face à l'ennemi en ayant chacun cinquante chevaux de front.

Tous ces combats se déroulent presque en même temps le Duc de Joyeuse a bien vu les deux premiers escadrons de cavalerie protestants mis en fuite mais lorsqu'il lance la charge avec ses 1200 cavaliers contre les trois derniers escadrons de cavalerie protestants qui ne compte que 850 cavaliers il ignore, tout comme ses ennemis, le résultat final des deux premiers combats des escadrons de cavalerie.

1200 cavaliers contre 850 le rapport est vraiment inégal. L'issue de la bataille ne fait aucun doute dans bien des esprits. L' escadron protestant de Soissons connaît un début de panique. Certains cavaliers devant ce qui est arrivé aux deux premiers escadrons commencent à fuir. Le vicomte de Favas se précipite au devant des Fuyards et leur dit:

-<< Vous vous égarez, messieurs, l'ennemi est de ce côté, prenez le chemin le plus court pour aller à lui, tenez, le voici !>>.

Il leur montra les escadrons de Joyeuse aux prises avec les escadrons de protestants. Cela suffit pour que l'escadron de Soissons reparte en bon ordre au combat.

La bataille de Coutras (suite)

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